18/11/2017 Biographie Dictionnaire Textes Album Images Répondre Contact
Photo du jour
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Lituanie express 27/04/2017 - 23:57:41

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Partir... 17/04/2017 - 22:10:08
"Partir sans se poser de questions, est sans doute la forme la plus aboutie du voyage. Celle qui ne poursuit aucun but, n’entend rien conquérir ni découvrir cet ailleurs qui fascine...


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La chimère est habituellement décrite comme un lion avec une tête de chèvre sortant de son dos et une queue qui pourrait se terminer par une tête de serpent. Personne ne peut dire d’où viendra la morsure fatale.


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L’installation est un enchevêtrement de câbles électroniques qui, tout en faisant référence à la haute technologie dont nous sommes tous les otages, fait un clin d’œil aux câblages électriques anarchiques que l’on peut voir dans les capitales africaines.


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... Mais les plus beaux voyages restent toujours à faire."*

d'après
1. Joël Andrianomearisoa, Labyrinthe des passions, 2016.
2. Nicholas Hlobo, Waxhotyiswa Engekakhawulwa, 2017.
3. El Anatsui, Delta, 2014.
4. Aimé Ntakiyica, D-Connection, 2016.
5. Emo de Medeiros, Zem 4, 2, 5, 11, 6 & 9., 2013.
6. Hôtel Africa
7. Pumé Bylex, Bylex Attitude, 2017.
8. Émilie Régnier, Léopard, 2014-2016.

Afriques capitales, Commissaire *Simon Njami,
Lille, Gare Saint-Sauveur, 17 avril 2017.
ART.R.417-11 17/04/2017 - 22:09:44



d’après Klavdij Sluban, Centre des jeunes détenus de Fleury-Mérogis.

JEUNES - GÉNÉRATIONS,
Lille, Gare Lille Europe, 17 avril 2017.
La France va prendre cher ! 17/04/2017 - 22:01:50



Lille, Place Richebé, 17 avril 2017.
Le petit cuisinier 17/04/2017 - 21:56:47


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d’après
1. Pierre Ardouvin, Soleil couchant, 2004.
1. Gilles Barbier, Still Man, 2013.
2. Alain Passard, Combat de dormeurs, 2017.
3. Frank Sorbier, Le petit cuisinier, 2017.
4. Pilar Albarracín, Les Marmites enragées, 2005.

OPENMUSEUM #4, Alain Passard,
Lille, Palais des Beaux-Arts, 17 avril 2017.
La Boîte de Pandore 15/04/2017 - 08:48:11



"Les univers du sacré et du spirituel se rejoignent à travers le temps sous différentes formes. Les formes pures sont le produit des lignes, parfois grossières et spontanées, parfois maîtrisées. La ligne qui trace l’itinéraire sur le parchemin est la même qui grave des souvenirs dans la roche tendre. Elle crée des formes pures, intemporelles, qui transcendent la culture."


BOZAR, Malta, land of the sea.

"Comme l’espace public a une autre signification là-bas, les artistes peuvent encore faire des choses dangereuses. C’est une différence importante avec l’Occident. Ici, les artistes ne peuvent plus être dangereux. Ils sont simplement mis de côté et ignorés. [ …] Nous avons encore une attitude trop coloniale : mais qui suis-je pour dire que la Chine doit libérer le Tibet, alors que chez nous Léopold II est toujours sur son cheval ? Je prends ça au sérieux, plutôt que de faire le jésuite avec sa bible. Ce qui compte, c’est d’engager le dialogue." (JL)


BOZAR, Jan Lauwers, Silent stories.


BOZAR, 17 BELGIAN ARTPRIZE, Maarten Vanden Eynde.

"The Gadget, d’après le nom de la première bombe atomique fabriquée en grand secret dans les années 1940 dans le cadre du Manhattan Project. L’œuvre montre une version 3D de la toute première bombe atomique, mais en dentelle. Il existe un lien significatif entre coton et uranium : le gros de l’uranium utilisé pour fabriquer les premières bombes atomiques venait de la mine de Shinkolobwe au Katanga (Congo). Il a été transporté par l’homme d’affaires belge Edgar Sengier, directeur de l’Union minière du Haut-Katanga, et transformé dans le sud des États-Unis. Le coton a suivi un parcours presque identique : des esclaves venus pour la plupart du royaume du Kongo le plantaient et le récoltaient dans le sud des États-Unis, puis il était transporté vers les grands ateliers de tissage et les fabriques de dentelles belges. Dans le dédale arachnéen de The Gadget, c’est la rencontre insolite entre une activité éminemment féminine, la dentelle, avec une activité particulièrement masculine, la fabrication de bombes, qui est tissée." (MVE)



BOZAR, 17 BELGIAN ARTPRIZE, Denicolai & Provoost

"Le projet Eyeliner est consacré aux objets exposés dans les vitrines de petits commerces ou sur les tablettes de fenêtre et, à travers eux, aux gens qui les y ont mis." (D&P)



BOZAR, Omar Ba.

Bruxelles, avril 2017.
Poétique des sciences 06/03/2017 - 23:40:57

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Commissaire : Pascale Pronnier
Scénographe : Christophe Boulanger
Le Fresnoy, 5 mars 2017.

d’après :
- 01, Melissa Dubbin & Aaron S. Davidson, A carrier of action potentials (1-2), 2016.
- 02, 03, 04, 07, Édith Dekyndt, L’ennemi du peintre, 2010-2011.
- 05, Hicham Berrada, Présage, 2017.
- 07, Hicham Berrada, Les fleurs, 2016.
Balkans 2016, images. 17/01/2017 - 23:10:42
ALBANIE (Shkoder, Kruja, Tirana), MACÉDOINE (Ohrid, Parc de Galicia, Ohrid, Matka, Skopje), SERBIE (Nis, Sirogojno, Parc national de la Tara, Küstendorf), BOSNIE (Visegrad, Sarajevo, Mostar), CROATIE (Cavtat, Dubrovnik, Cavtat), MONTÉNÉGRO (Perast, Kotor)...



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... ALBANIE
041-060, Shkoder
110-139, Kruja
177-313, Tirana
MACÉDOINE
375-427, Ohrid
438-497, Parc de Galicia
524-693, Ohrid
717-791, Matka
800-1044, Skopje
SERBIE
1132-1272, Nis
1349-1390, Sirogojno
1413-1590, Parc national de la Tara
1635-1670, Küstendorf
BOSNIE
1718-1783, Visegrad
1823-2395, Sarajevo
2396-2397, vers Mostar
2402-2445, Mostar
2460-2485, entre Mostar et Cavtat
CROATIE
2502-2523, Cavtat
2566-2751, Dubrovnik
2760-2779, Cavtat
MONTÉNÉGRO
2784-2860, Perast
2892-2993, Kotor.
make it strange! 08/01/2017 - 17:29:18
"… when I think of my own journey into music, especially my childhood journey, what I remember as most powerful about this beautiful art form is what it revealed to me about the existence of a world far beyond myself… and beyond the lives of the people around me… and most of all beyond and behind that wall of mirrors.
A writer friend once wisely said to me: Don’t write about what you know. Write about what you don’t know.
Or as the great Russian formalist Shklovsky put it: “Make it strange”! Music it seems to me is an art peculiarly well-placed to make... and reveal... strangeness. And when we go back to that hoary old question about how music connects to life, the strangeness of both should be part of the answer..."

extrait de l’intervention du compositeur britannique Gerard McBurney, lors de la cérémonie de remise des British Composer Awards, où il est question d’identité, de diversité et autres questions actuelles, telles qu’elles se posent en musique.
À lire intégralement dans le Guardian :
www.theguardian.com/music/musicblog/2016/dec/08/todays-composers-make-it-strange-gerard-mcburney-british-composer-awards
images sans paroles, une année 2016. 01/01/2017 - 09:41:08
2 janvier, Tourcoing.




7 février, Lomme.




28 février, Orléans.




6 mars, Tourcoing.


(Le Fresnoy, exposition Drôles de trames !)

14 mars, Dijon.




9 avril, Lille.


(Palais des Beaux-Arts)

10 avril, Verlinghem.




15 avril, Athènes.




30 avril, Paris.


d’après Paul Klee (Centre Pompidou)

7 mai, Roubaix.


(Galerie Q.S.P.)

8 mai, Cassel.




9 juin, Bruxelles.




12 juin, Bruxelles.




9 juillet, Anvers.




Lille, 15 juillet.


d’après Michel Slomka (Tri Postal, Transphotographiques)

9 août, Serbie.




30 août, Lille.




11 septembre, Lomme.




8 octobre, Lille.




3 novembre, Tourcoing.


d’après Baptiste Rabichon (Le Fresnoy, Panorama)

15 novembre, Lille.


(Palais des Beaux-Arts)

20 novembre, Lomme.




27 novembre, Villeneuve d’Ascq.


d’après Luc Tuymans (LaM)

1er décembre, Lille.


d’après Safet Zec (Hospice Comtesse)

3 décembre, Tourcoing.


(MUba)

3 décembre, Tourcoing.




10 décembre, Bruxelles.




30 décembre, Tourcoing.


d’après Soleïman Mansour (Institut du monde arabe-Tourcoing)

30 décembre, Roubaix.


d’après Lili Bel (La Manufacture)
qui vivent et s'altèrent 31/12/2016 - 00:11:46


... a ajouté aux pigments des matières naturelles, qui vivent et s'altèrent, donnant à l'œuvre une dimension temporelle en plus de celle de l'espace.
(d'après Meriem Bouderbala, Arbres, 1991, IMA Tourcoing – 30/12)
Older 30/12/2016 - 00:21:32
strange
don't you think I'm looking older?
but something good has happened to me
change is a stranger
you have yet to know.

(George Michael, Older)
What your eyes saw tonight 29/12/2016 - 18:52:32
What your eyes saw tonight is something that I don’t think you will see anywhere else... Début de l'intervention de Daniel Barenboim, en conclusion du concert que lui et le West-Eastern Divan Orchestra ont donné à Genève, dans le cadre de la Journée des droits de l'homme. Où il est question d'égalité, condition d'un véritable dialogue. De globalisation, pas celle qui permet de tout obtenir, mais celle qui fait qu'on ne plus être indifférent à ce qui se passe, où que ce soit dans le monde, De la compassion, qualité morale indispensable. De la musique...
... Daniel Barenboim Speech: Human Rights Day 2016 :
https://www.youtube.com/watch?v=vHqbC6WtV6E
du génie 28/12/2016 - 10:55:13
Vous êtes le seul peintre moderne qui donne du génie au spectateur…
(Romain Gary à Nicolas de Staël, 1954 – 27/12)
un jour 27/12/2016 - 17:12:47
Un jour
je me reposerai
dans le néant
auprès d’un ange
pourtant.

(Paul Klee – 27/12)
Would you 26/12/2016 - 22:29:40
Would you rather be a fish?
(Paterson – 26/12)
Prémonitions 28/11/2016 - 00:07:16


(d'après Luc Tuymans, Prague, Refribell, Harbours, Waterloo, Nautilus / LaM, Luc Tuymans, Prémonitions – 27/12)
Panorama 18 03/11/2016 - 23:48:37


























Tourcoing, Le Fresnoy, 3 novembre.
Lille, 15 juillet 17/07/2016 - 23:56:48

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d'après
2. Julian Sohn, A legless man shines the stars on the Hollywood Walk of Fame
3. Antoine Bruy, Scrublands
4-5. Robert Capa
6-7. Michel Slomka, Srebrenica, le retour à la terre
8-10. Brest Brest Brest, History & Chips.

Lille, Transphotographiques 2016 / Maison de la photographie ; Tripostal.
Antwerpen, 9 juillet 09/07/2016 - 23:55:15


Lille, 8 juillet 09/07/2016 - 16:03:53
Cambrai 2 juillet 04/07/2016 - 07:39:40
Paris 26 juin 26/06/2016 - 22:34:23
BXL 12 juin 13/06/2016 - 22:01:23















BXL 9 juin 11/06/2016 - 16:23:16















29/05/2016 30/05/2016 - 00:02:25



























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Roubaix, La Nuit de l’art. 2. d’après Frédéric Lentelier (La Condition Publique) ; 3, d’après Marnix Hoys (La QSP Galerie).
08/05/2016 08/05/2016 - 23:16:56


"Le cheval est créé pour transporter, le bœuf pour labourer, le chien pour la chasse et la garde, quant à l’homme, il est né pour contempler le monde." Cicéron, La Nature des Dieux, II
07/05/2016 08/05/2016 - 23:15:07





"sinon tu peux toujours réfléchir"






06/05/2016 07/05/2016 - 10:50:10
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Athènes 2016 17/04/2016 - 22:38:42
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d'un musée l'autre 12/04/2016 - 21:22:41




« À la vue de ce portrait, Survage demande à son ami "Pourquoi ne m’as-tu fait qu’un seul œil ?" et le peintre de lui répondre : "parce que tu regardes le monde avec l’un, avec l’autre, tu regardes en toi." »

Villeneuve d’Ascq, LaM, Amedeo Modigliani, L’œil intérieur,
Palais des Beaux-Arts, Open museum #3, Zep.

encore(s) :



NH 07/03/2016 - 00:11:28
Souvent elle m’agace, la rengaine du "dernier grand ceci, dernier grand cela", que l’on reprend chaque fois que disparaît un homme exceptionnel. Car la vie continue, d’autres déjà ont pris la relève, d’autres leur succéderont.
Nikolaus Harnoncourt n’en était pas moins le dernier encore en vie de ces chefs d’orchestre qui, à la fin des années soixante-dix et tout au long des années quatre-vingts me faisaient faire le voyage de Vienne, Berlin, Londres, Munich, Bregenz, Zurich ou Salzbourg pour entendre un concert, assister à une représentation, parfois deux, trois. Les Böhm, Karajan, Bernstein, Celibidache. J’avais bien sûr continué d’aller écouter Harnoncourt, en particulier à Amsterdam pour deux ou trois de ses Passions selon saint Matthieu.
empathie 06/03/2016 - 22:37:14














Tourcoing, Le Fresnoy, 6 mars, Drôles de trames !.
à 3 minutes d'Orléans 29/02/2016 - 21:33:09

28 février
notes d’un monde qui bouge, à peine 24/02/2016 - 13:28:36
Au programme de l’orchestre de la Hessischer Rundfunk, Beethoven, la 4e Symphonie, Stockhausen, Klavierstück IX, à nouveau Beethoven, la 5e Symphonie et la Sonate Appassionata. Ou peut-être faudrait-il dire : au programme de Pierre-Laurent Aimard, Beethoven, la 4e Symphonie… Concert symphonique et récital de piano imbriqués, contribution au renouvellement de la forme du concert, rapprochement de musiques qui ont plus à se dire que ne le permet leur habituel rangement dans des cases différentes. Encore faudrait-il, pour que la démarche produise ses fruits et que l’on puisse ainsi vérifier sa validité, que les œuvres s’enchaînent vraiment, sans cette coupure imposée par le changement de plateau, qui nuit si souvent au concert de musique classique, sans parler du concert de musique classique contemporaine. (12 février)

Parmi les "Stars de demain" que présente Rolando Villazón, Felix Klieser, un corniste privé de ses deux bras et qui joue de son instrument avec son pied, plutôt bien, très bien, même. (14 février)

Au programme du concert que l’orchestre de la Bayerischer Rundfunk donnera le 10 mars, la Cinquième Symphonie de Mahler et… une "pièce surprise". Mariss Jansons a ainsi parsemé sa saison à la tête de son orchestre de pièces qu’on découvrira au concert. Une façon, peut-être, de desserrer l’étau de ces programmations figées des années à l’avance, qui favorisent la routine et nuisent à ce qui fait le sel de la vie, fut-elle musicale : la curiosité, le plaisir de la découverte. (10 mars)

Je me faisais une joie de découvrir la nouvelle pièce commandée par le festival d’Aix-en-Provence à Ondřej Adámek, l’un des plus intéressants parmi les compositeurs actuels, mais il me faudra attendre deux ans de plus, "pour des raisons budgétaires". Dommage. (18 février)

Mendelssohn, donc, Symphonies 1, 4 et 5 par le Chamber Orchestra of Europe, dirigé par Yannick Nézet-Séguin. Qui porte la musique au niveau où la pratiquaient jadis Carlos Kleiber et quelques autres. Qui fait preuve de patience, aussi, d’humour, même, lorsque entre chaque mouvement il attend, souriant, une hypothétique accalmie des toux. Quand est-ce qu’on se penchera sur les raisons qui poussent tant de spectateurs à saboter ce qu’ils ont fait l’effort de venir écouter ? À tousser alors qu’aucune cause physique les y contraint, ou qu’au moins ils pourraient atténuer le bruit produit. (21 février)
ambiances 22/02/2016 - 23:08:11
1. "la bonne musique, c’est aussi une ambiance"

2. "Un père, sa fille et sa compagne se rendent dans leur maison de campagne pour le weekend. Au cœur d’une nature resplendissante, partagée entre forêts et lacs, d’étranges voisins troublent l’harmonie qu’ils sont venus chercher. Aux alentours, un jeune garçon erre avec son chien et trouve bientôt, à la lisière du bois, un fusil de chasse."

3. "Pourquoi la musique ? Parce qu’il y a du pourquoi. Le monde imaginaire de la musique est le monde des pourquoi comblés. Sous leur forme brute, les sons sont signes des événements imprévisibles et constituent, pour un être vivant, la preuve sensible qu’il vit dans un monde étranger, instable ou menaçant. De là le besoin humain de faire ce que l’animal en lui se contente de subir, d’introduire la régularité du corps dans le temps chaotique du monde : jeu de l’enfant avec la répétition, rythme, ritournelle, refrains, etc. Les sons se mettent à être agis au lieu d’être subis, les événements sonores se font actes, le corps discipline le monde de la vie et le plie à son ordre, l’esprit produit volontairement des événements selon la règle qu’il se donne. De là aussi, le plaisir d’écouter, c’est-à-dire de contempler l’écho d’un tel monde au lieu de subir les effets pratiques du "vrai monde ».
Pourquoi nous les hommes faisons-nous de la musique ? Parce qu’il faut apprivoiser les événements. Les comprendre. Les abstraire des choses. Les incorporer à notre corps et aux exigences de la raison. Sortir de la caverne où nous ne faisons que vivre. Forger un monde imaginaire sans choses et où elles ne manquent pas. Vibrer. Chanter, danser, être ensemble. Pleurer seuls, parfois, lorsque la musique nous impose son silence."

4. Symphonies de Mendelssohn, 1, 4, 5, par le Chamber Orchestra of Europe, direction Yannick Nézet-Séguin.

5. "Au milieu de l'été, Sasha, 30 ans, décède soudainement. Alors qu'ils se connaissent peu, son compagnon Lawrence et sa sœur Zoé se rapprochent. Ils partagent comme ils peuvent la peine et le poids de l'absence, entre Berlin, Paris et New York. Trois étés, trois villes, le temps de leur retour à la lumière, portés par le souvenir de celle qu'ils ont aimée."

"si la musique avait dû changer le monde, les Beatles l’auraient fait avant nous, Dylan l’aurait fait avant nous.. faut arrêter, quoi !"
après l'arc en ciel 08/02/2016 - 21:09:38

en approchant d'Orléans, 28 février.
entre deux 03/02/2016 - 00:02:03

Tourcoing, Le Fresnoy, 31 janvier.
pour la route 17/01/2016 - 18:11:59

01


02

d'après
01, Marie Lynch, Maison folie de Wazemmes,
02, Gary Cass & Donna Franklin, Musée d'histoire naturelle,
Lille, Renaissance, samedi 16 janvier 2016.
printemps 03/01/2016 - 22:03:06




d’après Julien Salaud, Printemps (ma nymphe), 2013.

"Un jour où je m’étais endormi dans les bois, une noisette a germé dans mon ventre. Elle a poussé par mon nombril. Ses racines de perles m’ont enlacé jusqu’à me recouvrir d’une fine couche de chrysalide."



(Tourcoing, Hospice d’Havré, Légendes d’automne.)
... 2016... 01/01/2016 - 18:11:52


Roubaix 06/12/2015 - 17:32:36

















Roubaix, La Braderie de l’art, 6 décembre 2015.
Lille 08/11/2015 - 22:57:19


Lille, 8 novembre 2015.
Lille 29/10/2015 - 07:40:58


Lille, 29 octobre 2015.
Lille 27/10/2015 - 07:41:10


Lille, 26 octobre 2015.
... changer ta vie ! 25/10/2015 - 22:18:41







































Lille, Tripostal (Séoul, vite, vite ! + Tu dois changer ta vie!, 17 octobre 2015)
une sorte d'artiste 12/10/2015 - 21:28:13
Marguerite* n'était pas en tête de mes films à voir, mais il y est arrivé, porté par le pressentiment qu'il alimenterait ma réflexion sur l’artiste, comment on le devient, etc. Et effectivement, au-delà d’une comédie bien ficelée, filmée avec une stimulante fluidité, j’y ai trouvé une sorte de négatif de l’artiste, son image d’Épinal, inspiré, doué, reconnu comme tel et remplissant pleinement sa fonction au cœur de la société. Négatif car Marguerite est dénuée de tout sens artistique, ce qui ne l’empêche pas d’être "artiste". Parce que tel est son bon vouloir, et que tous autour d’elle, par intérêt, faiblesse ou quelque autre raison, entrent dans son jeu.
Démonstration par l’absurde qu’au-delà de dons plus ou moins authentiques, il entre dans la composition de tout artiste réel d’autres ingrédients, divers et en quantité variable. Film réaliste, donc. Jusqu’à la toute fin, lorsque son médecin, convaincu que sa guérison passe par une confrontation avec la réalité, lui fait entendre un enregistrement de sa propre voix, et que Marguerite s’effondre, comme terrassée par la perte de ses illusions. Plus réaliste aurait été une Marguerite s’extasiant sur ce qu’elle entend, tant est grande la capacité de bien des artistes à s’auto-illusionner, ou, s’ils sont conscients, à feindre afin de convaincre, contraindre autrui, et ainsi préserver leur statut.

Marguerite, film de Xavier Giannoli.
lu, écouté, vu... aimé 12/10/2015 - 21:27:48
COUPS DE CŒUR (du plus au moins) récent(s)…

lu
- 1. Diane Meur, La carte des Mendelssohn
- 2. Laurent Binet, La septième fonction du langage
- 3. Mathias Enard, Boussole
- 4. Mika Waltari, Ce genre de choses n'arrive jamais
- 5. Bruno Ory-Lavollée, Aimez-vous Beethoven ?
- 6. Rohinton Mistry, L’équilibre du monde
- 7. Steve Tesich, Karoo
- 8. Shashi Tharoor, L’émeute

écouté
- 1. Andris Nelsons dirigeant l’Orchestre du Festival de Lucerne dans la Cinquième Symphonique de Mahler
- 2. Maxime Pascal dirigeant l’Orchestre de l’Opéra de Paris dans Prokofiev, Tchaïkovski, etc.
- 3. Gabriel Pierné joué par Darrell Ang et l’Orchestre national de Lille
- 3. My Eyes Adored You par Frankie Valli & the 4 seasons
- 5. Andris Nelsons dirigeant l’Orchestre symphonique de la Radio bavaroise dans le Premier Concerto de Tchaïkovski, soliste Lang Lang, et la Quatrième Symphonie de Chostakovitch
- 6. le Concert pour violon, piano et quatuor à cordes, op. 21, de Chausson, par Itzhak Perlman, Jorge Bolet et le Juilliard String Quartet
- 7. Why Music?, “Radio 3's special weekend exploring the way in which music make our spines tingle and manipulate our minds”
- 8. Yukari Saito dirigeant Adams, Connesson et Brahms lors de la Finale du 54e Concours de jeunes chefs d’orchestre de Besançon
- 9. l’Orchestre national de Lille interprétant la Cinquième Symphonie de Tchaïkovski sous la direction de Victor Aviat
- 10. The Last Night of the Proms*

vu
- 1. Ainsi soient-ils, Saison 3 (Arte)
- 2. Marguerite, film de Xavier Giannoli
- 3. ... Du printemps !, chorégraphie Thierry Thieû Niang (Arte)
- 4. Là où commence le jour, nouvelle exposition du LaM (Villeneuve d’Ascq)
- 5. Ni le ciel ni la terre, film de Clément Cogitore
- 6. les ateliers d’artistes de lasécu (espace d’art contemporain, Lille)
- 7. Vers l'autre rive, film de Kiyoshi Kurosawa
- 8. Life, film d’Anton Corbijn
- 9. Les Chansons que mes frères m’ont apprises, film de Chloé Zhao
- 10. Cemetery of Splendour, film d’Apichatpong Weerasethakul

* écoutable sur BBC 3 : http://www.bbc.co.uk/programmes/b069wyn4
aimez-vous Beethoven ? 04/10/2015 - 23:33:58
Réflexions suscitées par la lecture d’Aimez-vous Beethoven ?, éloge de la musique classique*, de Bruno Ory-Lavollée.

Bruno Ory-Lavollée s’emploie d’abord à définir ce qu’est la musique classique, énumérant les critères selon lesquels elle se distinguerait des autres musiques, voire leur serait supérieure. Aucun de ces critères pourtant, aussi objectif soit-il, ne s’avère incentestable. Ainsi de la durée, de l’effectif, de la complexité, du souffle, de la trajectoire temporelle ou de l’extension géographique… On peut aborder la question autrement, distinguant les musiques selon la façon dont elles ont été conçues, ou l’utilisation qui en est faite, l’une relevant du divertissement, l’autre d’un simple artisanat, mais cela ne nous avance pas vraiment. Même la qualification de chef-d’œuvre, plus souvent employée à propos d’une œuvre de musique classique que d’autres musiques, et qui pourrait aider à distinguer celle-là de celles-ci, se révèle plus complexe qu’elle ne le semble de prime abord. Ces œuvres "que les artistes aiment à jouer et le public à réentendre", doivent certes ce statut à leurs qualités intrinsèques, mais tout autant, sinon davantage à un ensemble de raisons plus ou moins extérieures à elles. S’il est pertinent d’affirmer que "rien ne ressemble plus à du Mozart qu’une partition de ses contemporains, par exemple Salieri ou Stamitz", enchaîner en affirmant "qu’il n’en va pas de même à l’écoute et dans les cœurs", est un peu abrupt. Ce qui distingue la musique de Mozart de celle Stamitz ou de Salieri, c’est aussi ce dont l’ont enrichi tous ceux s’y sont intéressés depuis plus de deux siècles. On trouve aussi, ici et là dans le livre, d’autres idées reçues qu’il y aurait lieu de remettre en question, celle selon laquelle il y aurait de vrais chanteurs et des cabotins, ou qu’il y aurait une vraie culture, qui exige un approfondissement, voire de vrais compositeurs, dont l’ambition est d’écrire une œuvre qui franchira les siècles.

Bruno Ory-Lavollée est plus pertinent quand il évoque le compositeur, son évolution depuis l’époque où il ne faisait qu’un avec l’interprète de sa musique, son relatif isolement depuis que l’une et l’autre fonctions étant devenues indépendantes, l’interprète – c’est moi qui développe – a plus intérêt à reprendre sans cesse ces œuvres "que les artistes aiment à jouer et le public à réentendre", qu’à en faire entendre de nouvelles. Musiques nouvelles pourtant susceptibles de toucher davantage ses contemporains, à condition bien sûr que le compositeur dit "contemporain" ait renoué avec les dits-contemporains. Ce qui est loin d’être le cas, sinon ponctuellement.

Bruno Ory-Lavollée insiste beaucoup, et à raison, sur l’importance de l’éducation. Non sans échapper à une certaine contradiction, lorsque d’un côté il brocarde les démagogues – "les discours et les éditoriaux peuvent ronronner en célébrant la "culture pour tous", ils sont au mieux une incantation décorative, au pire l’alibi cynique de propositions artistiques et de pratiques de production qui ont bien peu à voir avec ce slogan" – et de l’autre affirme que l’éducation aurait pour but de transmettre la musique, l’art, les œuvres, les chefs-d’œuvre à tous. À l’opposé d’une vision quelque peu monolithique de l’éducation, qui découle d’une telle affirmation, il y a le témoignage de l’auteur, revenant régulièrement, tout au long de l’ouvrage, à sa propre relation à telle ou telle musique, source d’enrichissement personnel et qui ne saurait être sans liberté. Il n’y a pas de musique universelle, de chef-d’œuvre qui s’imposerait à tous, mais au contraire une multitude de musiques, existantes ou encore à composer, parmi lesquelles c’est à chacun de trouver celle(s) qui lui convienne(nt). L’éducation, plus qu’à transmettre un corpus intangible de chefs-d’œuvre reconnus, consiste d’abord à ouvrir à un monde sonore qui s’étend bien au-delà des limites de ce corpus, à témoigner de l’usage qu’en font ceux qui s’y intéressent. Et admettre qu’on puisse faire son miel de musiques autres que la musique classique, de musiques ne portant pas l’étiquette de chefs-d’œuvre.

Ce qui, finalement, distingue les musiques ou les rapproche, c’est, davantage que leur contenu, l’usage qui en est fait. Au service de la réalisation personnelle de chacun, ou, à l’opposé, de la conformation de tous à un modèle extérieur. La musique classique se prête à l’un et l’autre usage, et à tous les usages intermédiaires. Mais peut-être mieux que d’autres musiques, au premier, du fait de son exceptionnelle richesse, diversité, qui permettent à des individus très différents de s’y retrouver. Potentiellement, en tout cas, car Bruno Ory-Lavollée dresse un état, tout au long de son livre, de la musique classique aujourd’hui. Qui s’il n’est pas à l’origine des menaces qui pèsent sur elle, permet qu’elles se développent, voire se réalisent. L’orchestre symphonique est-il (encore), termes de l’auteur, le reflet des idéaux et des nécessités qui fondent l’ordre social, une image irremplaçable des fins et des voies de la civilisation, dont notre société a cruellement besoin ? Peut-il le (re)devenir ? Comment ? Comment la musique classique peut-elle (re)donner une place à la nouveauté, sans laquelle, à notre époque, toute pratique culturelle, quelle qu’elle soit, devient rapidement caduque ? Quand en termes de nouveauté, elle ne peut, selon Bruno Ory-Lavollée, proposer que la musique contemporaine et de nouvelles interprétations des mêmes œuvres.

Une réforme en profondeur s’impose donc, et pas seulement de la forme du concert, que Bruno Ory-Lavollée évoque également, qui permettra à la musique classique de "satisfaire les aspirations en plein développement dans les sociétés postindustrielles : authenticité, durabilité, intériorité, spiritualité."

* Le Passeur, éditeur

À VENIR :
- Why Music
un automne d'expos, 27 septembre... 28/09/2015 - 00:10:27
... Le Fresnoy, Palais des Beaux-Arts, Gare Saint-Sauveur, La Malterie, Maison de la photographie, lasécu, LaM…

1. Panorama 17 (Tourcoing, Le Fresnoy, 27 septembre)

































2. Joie de vivre (Lille, Palais des Beaux-Arts, 1er octobre)






3. Detroit (Lille, Gare Saint-Sauveur, 3 octobre)








4. (Lille, La Malterie, 3 octobre)






5. Detroit : décomposition-recomposition / Guillaume Rivière (Lille, Maison de la photographie, 3 octobre)




6. Delphine Lermite (Lille, lasécu, 3 octobre)




7. Là où commence le jour (Villeneuve d’Ascq, LaM, 4 octobre)

Saint-Saëns, 3e 27/09/2015 - 09:06:18


Aire sur la Lys, 26 septembre.
le chef d'orchestre du 21e siècle est une femme 21/09/2015 - 23:25:31
J'étais vendredi à Calonne Ricouart, commune du Pas de Calais, 5 528 habitants. Où se produisait l’Orchestre national de Lille, sous la direction de Victor Aviat, dont c’était le premier concert en France en tant que chef d’orchestre. Victor Aviat qui déclare vouloir être un musicien parmi les autres, pas spécialement soucieux d’imposer sa conception de l’œuvre aux instrumentistes, mais au contraire ouvert à en changer afin de parvenir à une conception commune. Et ceci n’est pas étranger à ce que j’ai vu et entendu : un orchestre qui joue, ensemble, grâce à un chef qui lui fournit les indications, les impulsions dont il a besoin pour cela, un orchestre engagé, parce qu’on l’y invite et lui en donne la possibilité.

J’étais dimanche à Besançon, pour la finale du 54e Concours international de jeunes chefs d’orchestre. Trois candidats, dont Jonathan Heyward, chef inspiré, s’inscrivant dans la tradition des génies de la baguette. Et puis Yukari Saito, dont la gestique, d’une apparente simplicité, peut donner l’impression, à qui ne fait pas attention, qu’elle se contente de battre la mesure, mais qui s’avère en fait d’une grande subtilité, d’une grande efficacité, aussi. Yukari Saito qui exprime dans toute son attitude le plaisir de faire de la musique, une joie communicative, "the joy of music". L’une des œuvres imposées, les Variations sur un thème de Haydn, de Brahms, m’a semblé, par l’interprétation qu’en ont donné les candidats, particulièrement révélatrice du fossé les séparant. Jonathan jouant la carte du sublime, comme s’il s’agissait d’un des chefs d’œuvre de la musique. Yukari Saito jouant celle du jeu, de la caractérisation, prenant des risques, beaucoup plus proche, je crois, de l’esprit d’un Brahms virtuose, improvisateur, encore imberbe. Jonathan Heyward a obtenu le Grand Prix, Yukari Saito le "Coup de cœur du public" et le "Coup de cœur de l'orchestre"...

Alors, nul ne sait ce que deviendront Victor Aviat et Yukari Saito. S’ils conserveront les qualités qui aujourd’hui les distinguent de leurs prédécesseurs, ou si avec l’âge celles-ci s’effaceront au profit de celles qu’on associe traditionnellement à la fonction du chef d’orchestre. Je veux voir en eux, et en d’autres, un avenir qui permettra à l’orchestre de surmonter les épreuves qui s’annoncent et de (re)devenir ce modèle de vie en société qu’il serait si on ne l’avait pas tant perverti. Je crois les femmes plus capables, globalement, de porter cet avenir. Alors, le chef du 21e siècle, une femme ?
We Must Get Home* 15/09/2015 - 00:05:45
Alors que le vent de la crise bouleverse la culture, mettant à mal les structures, indifférent à l’intérêt, variable de l’une à l’autre, qu’il y aurait à les épargner, en préservant certaines, non sans parfois mettre à nu, au passage, les motivations réelles de ceux qui les portent et souvent les instrumentalisent, il est une institution qui, semble-t-il, demeure hors d’atteinte, aussi figée qu'extraordinairement vivante : les Proms, et plus particulièrement The Last Night of the Proms**. Qui année après année ranime en moi l’émotion que je ressentis en entendant pour la première fois, c’était sous la direction de Colin Davis, les six milles et quelques personnes réunies dans le Royal Albert Hall entonner ensemble “Land of Hope and Glory”, mon étonnement face à cette capacité qu'ont les Anglais, et que nous n'avons pas, nous Français, à chanter ainsi, capacité qui naturellement est indissociable d’un rapport différent à la musique. Émotion, étonnement, enthousiasme qui ravivent une foi en la musique parfois menacée de découragement, et dont Marin Alsop semble ce soir la parfaite interprète. Autre héros de la soirée, Benjamin Grosvenor, interprète du Second Concerto de Chostakovitch, dernier d’une série de pianistes remarquables entendus récemment et sur lesquels je reviendrai.

Marin Alsop : "[...] I’m not going to pretend that music alone can change the world but, here tonight in this incredible hall with all of you here, I feel the power of music to unite us and to bring out the best that humanity has to offer. We have to reach out to those people who are struggling to be heard today. Let’s bring the sound of our voices together so that it reaches out to people everywhere to all of our brothers and sisters.
That is the great power of music." (fin du discours prononcé par Marin Alsop lors la Dernière Nuit des Proms, qu'elle dirigeait samedi pour la seconde fois).

* titre d'un poème de James Whitcomb Riley lu par James Dean à la fin de Life, fim d'Anton Corbijn.
** écoutable sur BBC 3 : http://www.bbc.co.uk/programmes/b069wyn4
entracte anicien 02/09/2015 - 07:46:43













de Leh à Srinagar (Ladakh, Cachemire, 08/15) 28/08/2015 - 13:25:04

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(août 2015)
notes en marchant 26/08/2015 - 08:45:49
en cours
UN ETE 2015 08/08/2015 - 23:31:01
1. Beaufort 2015, 1/2 (23 juillet)
2. Si tu veux nous nous aimerons (29 juillet)
3. LM (1er août)
4. D’Armentières à Ypres (3 août)
5. Chambres séparées… Dans une autre chambre, Motel Europa (5 août)
6. Beaufort 2015, 2/2 (6 août)


1. BEAUFORT 2015, 1/2.
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autour de :
- Otto Berchem, BETWEEN PARENTHESES, 2015 (02, 03).
- Superflex, KWASSA KWASSA, 2015 (04)
- Mark Wallinger, BEYOND A BOUNDARY, 2015 (02, 06, 08, 12)
- Domenico Mangano, BIRDS SINGING, SANDY GROUND, 2014 (07)
- Pieter Jan Ginckels, MUTT JUDD, 2015 (09)
- Claire fontaine, UNTITLED (WARM WAR), 2009 (11)
- Ulrich Rückriem, SCULPTUUR GRANIET (13)
- A Dog Republic, BIRD PAVILION, 2011 (14)
- ICONOSTASE SURJETÉE (15, 17)
- Kasper Bosmans, HARD TO BE HUMBLE, 2015 (18)
- Lucile Desamory, WILD INCONSISTENCY, 2015 (19-21)
- Marc Bijl, FOR THE AURAE, 2015 (22, 23)

Het Zwin (01-14)
Blankenberge (15-17)
Raversyde (18-23)


2. SI TU VEUX NOUS NOUS AIMERONS
29 juillet


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Mons, Capitale européenne de la culture
- Anciens Abattoirs, La Chine ardente (01-03)
- Manège de Sury, Atopolis (04-11)
- Magasin de papier, Le grand large, territoire de la penséée (12)
- BAM (Beaux-Arts Mons), Monsens (12-16)

d’après :
- Lin Tianmiao, Naissance (01)
- Chen Wenling, Paysage de Chine N0.1 (02)
- Benoit Platéus, Ghostburn (03)
- Vincen Beeckman, Intime (04)
- Walead Beshty, Démasqués (05)
- Francis Alÿs, Ne traverse pas le pont avant d’atteindre la rivière (06, 07)
- Thomas Hirschhorn, Mondialisation inversée (08, 09)
- Meschac Gaba, Glo-Balloon (10)
- Vlassis Caniaris, Arrivederci – Willkommen (11)
- Michel François, Sans titre (12)
- Michel Nedjar, Sans titre ou Belleville (13)
- œuvre réalisée par Tinka Pittoors et des personnes handicapées de la région montoise. (14)
- Roger Van Vooren, … (15)
- Roger Van Vooren, Sergueï (16)
- Stéphane Mallarmé, … (17)


もしもし
31 juillet




3. LM
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Biennale Internationale d’Art Mural

d’après, entre autres :
- HELL'O MONSTERS / Hellemmes, Rue Roger Salengro (01)
- DERIS / Hellemmes, Rue Roger Salengro (02)
- PSYCKOZE / Villeneuve d’Ascq, Rue du Blason (03)
- WAGNER BRACCINI / Villeneuve d’Ascq, Rue de Florence (04)
- ATOM ET MASK / Hellemmes, Rue Dordain (08)
- MARC MOUNIER KUHN / Hellemmes, Rue Ledru-Rolin (08-16)
- BABA JUNG / Hellemmes, Rue Jean Bart (17)
- JANA UND JS / Lille, Rue de Maubeuge (19)
- DERIS / Lille, Rue du Faubourg des Postes (20)
- KAJ / Lille, Rue de Flandre (23-24)
- NURIA MORA / Lille, Rue d'Athènes (25)


LE MEILLEUR WELSH DE LILLE
1er août




4. D’ARMENTIÈRES À YPRES
3 août


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01. Armentières, Monument aux morts.
02-03. Bailleul, Communal Cemetery and Extension.
04. Poperinge, Talbot House.
05-07. Lijssenthoek Military House.
08. Reninghelst New Military Cemetery.
09-10. Vlamertinghe New Military Cemetery.
11. Ieper, Porte de Menin.


IT’S HOT!
3 août




5. CHAMBRES SÉPARÉES
5 août

la chambre des parents,




celles des jeunes hommes,







une chambre d’enfant,



une autre, non restaurée,




Croix, Villa Cavrois,




DANS UNE AUTRE CHAMBRE, MOTEL EUROPA
5 août




et dans l'exposition voisine,


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d’après
- Sandra Lee, The enchanted Garden City (01),
- Daniel Yu, A Future of Earthly Deities (02),
- Muhammad Izdi, Ponder Land (03),
- Mojoko & Shang Lang, Reactive Wall (04),
artistes de Singapour exposés dans le cadre d‘Art Garden,

Lille, Gare Saint Sauveur.




6. BEAUFORT 2015, 2/2.
6 août


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autour de :
- Lily van der Stokker, HET GROENE GERUITE HUIS (01).
- Rinus Van de Velde, “SOME PART OF ME KNEW SOMETHING WAS OUT OF JOINT…” (02).
- Cherif Benhelima, FANTASY #2 (03).
- Pieter Jan Ginckels, STORME 1936, 2015 (05).
- Nicolas Provost, THE INVADER AND THE ORIGIN OF THE WORLD, 2015 (06).
- Thorsten Brinkmann, KISTA DEL SOL, 2015 (07-08).
- A Dog Republic, VITRAUX (10).
- Liesbeth Doms, CROWNING MOMENTS, 2015 (11).
- Katinka Bock, FORMEN DIESES MEERES, 2015 (12).
- Pieter Jan Ginckels , A-SHOVELIN SOUTH, 2015 (13-14).
- Marc Bijl, TWO MIRACLES, 2013 (15).
- A Dog Republic , IDÉOGRAMMES EN MURAL, (16).

Oostende (Raversijde), Raversyde (01-09)
Middelkerke (Leffinge) (10)
De Panne, De Nachtegaal (11-15)
De Panne (16).

À SUIVRE.
be a star 23/07/2015 - 08:35:48
EN COURS
impressions aixoises 10/07/2015 - 07:43:57
EN COURS
impressions luxembourgeoises 01/07/2015 - 23:21:54
Coup d’œil au Mudam, musée conçu par Ieoh Ming Pei, imbriqué dans ce qu’il restait de la forteresse de Vauban. Bâtiment à l’allure fonctionnelle, sauf que, nous dit-on, l’architecte n’a pas prévu d’autre accès que celui, modeste, une double porte, destiné aux visiteurs. D’où l’impossibilité d’introduire dans le musée une œuvre de grandes dimensions, et l’obligation, si on veut néanmoins y présenter une telle œuvre, de la fabriquer sur place, et de la détruire lorsqu’on l’a assez vue.

Arrivée à la Philharmonie, qui fête ses dix ans, et déborde d’enfants et adolescents à l’occasion de ses Portes ouvertes "School Edition", "Festival jeune public pour les écoles" (5-17 ans). 10h45, "D’ Jugend presentéiert den OPL", l’Orchestre Philharmonique de Luxembourg attaque un extrait de l’Ouverture de Guillaume Tell. Public réactif, vivant !

Retour au Mudam, pour un premier showcase, un peu hors-sujet me concernant, car, à la différence des autres artistes que j’entendrai ce jour-là, je n’aurai pas la possibilité de programmer ceux-ci, à moins que dans une prochaine incarnation professionnelle ? Ensemble Artemandoline, donc, musique baroque italienne. Musiciens de qualité, qui me font juste regretter qu’ils n’aient pas face à eux, au lieu d’un public de professionnels, un peu de ce vrai public qui emplissait la Philharmonie. Celui qui aime, ou n’aime pas, et réagit en conséquence.

Je passerai rapidement sur les autres artistes entendus, soulignant juste la qualité des chanteurs David John Pike et Claudia Galli, et plus encore du clarinettiste Max Mausen, qui déroule de façon extraordinaire la Première Rhapsodie de Debussy, la soulignant, et que l’on ne voie pas d’humour dans ce que je vais dire, d’un jeu de jambes tout aussi extraordinaire. Le corps du soliste, son mouvement peut faire obstacle à la perception de la musique, ou se perdre dans un contexte inadapté, il peut aussi y contribuer lorsqu’il fait un avec le mouvement de la musique.

Et je m’attarderai sur deux autres concerts, exceptionnels, portés par deux des pianistes les plus en vue de la jeune scène classique luxembourgeoise. Le premier, "Cathy Krier & Friends", nous donne à voir à entendre, de loin – la Philharmonie semble trop vaste pour la musique de chambre, d’autant plus que sa scène est encombrée d’un bric-à-brac rassemblé par Catherine Kontz, où les musiciens se perdent – des pièces de Janáček, Berg, Kurtág et Kontz elle-même. Un regret : que l’on ne se soit pas donné les moyens de faire que cette musique exigeante touche les yeux et les oreilles de ces spectateurs d’un soir – le concert est gratuit et le public qui y assiste n’est visiblement pas le public habituel des salles de concert –. Un concert est un spectacle, à voir et à entendre, et on peut, on doit aujourd’hui user de tous les moyens pour amplifier, corriger le son, agrandir, projeter les images. Ce que font des pionniers tels que Maxime Pascal. Et puis aussi : que la mise en scène, la mise en espace, aussi critiquables soient-elles, n’aient pas touché à la musique-même, cette musque classique qui souffre tant d’une sorte d’intouchabilité dans laquelle on la cantonne, pour de mauvaises raisons.

Deuxième concert de la soirée, "2Minds1Sound", rencontre du pianiste, claviériste Francesco Tristano et du percussionniste Raimundo Penaforte. Des musiciens pratiquant l’invention permanente, usant pour cela de tout ce qui leur tombe sous la main, s’égarant un peu, parfois, mais qu’importe. Puisque toujours ils suscitent ce sentiment d’invention permanente, de liberté, que devrait toujours susciter la musique, quelle qu’elle soit. Sinon, à quoi bon ?

Luxembourg, 26 juin 2015.


en marge(s)


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d’après :
01-04, "Ukrainian newspaper "Den" (The Day), The Embassy of Ukraine to the Kingdom of Belgium, the Mission of Ukraine to NATO, with the support of the Honorary Consul of Ukraine in Luxembourg and in collaboration with the City of Luxembourg present “Ukraine today: defense against aggression, struggle for peace, freedom and democracy”."
05, Henning Rogge, Verdun, 2013.
06, Henning Rogge, Bombenkrater series.
07, Avenue de la Porte Neuve.
08-09, Pont Grande-Duchesse Charlotte.
10, à proximité de la Philharmonie.
11-12, MUDAM.
13, Fernando Sánchez Castillo, Bird Feeder, 2010.
14-15, Philharmonie.
16, à proximité de la Philharmonie.
le jour d'après 23/06/2015 - 07:40:22
Butterfly 03/06/2015 - 07:45:21
entracte 21/05/2015 - 07:39:47
en marge de l'expo 17/05/2015 - 21:04:41
90 10/05/2015 - 22:50:44
ZPK 04/05/2015 - 19:23:01






































Berne, Zentrum Paul Klee, 3 mai 2015.
V 28/04/2015 - 21:36:41









































Paris, Fondation Louis Vuitton, 25 avril 2015.
(d’après Wolfgang Tillmans, Isa Genzken, Annette Messager, Tacita Dean, Thomas Schütte et Frank Gehry)
dimanche 16h au Fresnoy. 31/03/2015 - 23:01:27
Charmeur de serpent(s) 08/03/2015 - 22:19:05

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Au fond du ciel (Ricardo Brey, photo 1) et Panamarenko Universum (photos 2-5) / Anvers, M HKA, 8 mars.
fiLB 24/02/2015 - 00:22:44
Je me suis offert, récemment, le second volume de la Bernstein Edition, concertos et pièces symphoniques (autres que les symphonies, objets du premier volume). Réédition plus exhaustive que celles parues jusqu’alors, de tout ce que Bernstein enregistra sous le label CBS. Et depuis, j’alterne chaque cd écouté avec un cd de ce volume. Portrait de Leonard Bernstein en 80 cds, journal, aussi.

Un Bernstein au meilleur de lui-même lorsqu’il prend à bras-le-corps l’une des grandes pages du répertoire, telles, entendues récemment, la Musique pour cordes, percussion et célesta de Bartók ou Don Quichotte de Strauss ; ou lorsqu’il rehausse des pages moins essentielles d’un chic, d’une vitalité inégalables. Au meilleur de lui-même aussi lorsqu’il a affaire à des interprètes avec lesquels il peut pleinement dialoguer. Ce qui n’est pas le cas d’un Glenn Gould, qui semble le laisser dubitatif.

L’un des intérêts du présent coffret est que, parfois, il nous propose plusieurs versions d’une même œuvre, d’un même concerto, avec différents solistes. Ainsi du Concerto pour violon de Mendelssohn, plus intéressant avec Pinchas Zukerman qu’avec Isaac Stern, Bernstein apparaissant libre, audacieux avec le premier, un rien précautionneux avec le second.

Un autre intérêt est de montrer que Bernstein, certes pertinent lorsqu’il interprétait Mahler ou Gershwin, l’était également lorsqu’il jouait et dirigeait un concerto pour piano de Mozart, voire les Quatre Saisons de Vivaldi, ici d’une vitalité, d’une fraîcheur qui n’ont rien à envier à celles de ses interprètes authentiques.

Au-delà d’un hommage à un musicien bientôt centenaire, un témoignage passionnant de ce qu’est la musique, riche d’enseignements, revivifiant.
26 janvier 27/01/2015 - 00:12:53


d'après Jaume Plensa, Nomade.
MISSING... 2014 05/01/2015 - 23:31:21
LONDRES (12 janvier)



d’après Dominic From Luton, Shoes Off If You Love Luton! (Saatchi Gallery)


BRUXELLES (6 avril)



HED


LILLE (15 avril)



Léon Trulin


BUCAREST (3 mai)



18h59


TOURCOING (8 juin)



Panorama 16 (Le Fresnoy)


LA HAVANE (20 août)



Hasta la Victoria siempre


RIGA (28 août)



Mère Noël

LONDRES (13 septembre)



d’après Leonce Raphael Agbodjélou, Untitled (Saatchi Gallery)


SHANGHAI (19 septembre)



Couleurs de Chine


MONS (B) (27 septembre)



d’après Vivian Barigand, Six years ago (City Sonic)


ASNIÈRES-SUR-OISE (28 septembre)



Jardins de Royaumont


LILLE (9 octobre)



Passions secrètes, collections privées flamandes (Tripostal)


TOURCOING (11 octobre)



d’après Alain Fleischer, Et la lumière revint (Le Fresnoy)


AMSTERDAM (12 octobre)



DSCH


PARIS (26 octobre)



Fiat lux !


PARIS (8 novembre)



d’après Mark Manders, Inside (Palais de Tokyo)


FROMELLES (11 novembre)



Mémorial australien


BARCELONE (24 novembre)



Surf…


SARREBRUCK (18 décembre)



Weinachtsgeld


PARIS (21 décembre)



d'après David Altmejd, Spectre assis (Musée d’art moderne).
traditions 01/01/2015 - 17:59:36
le concert, le footing du Nouvel An...



... d'autres choses aussi.
Spectre assis 21/12/2014 - 00:06:41

d'après David Altmejd, The Giant


d'après David Altmejd


d'après David Altmejd, Untitled 2 (Bodybuilders)



d'après David Altmejd, La Rose



d'après David Altmejd, January


d'après David Altmejd, Le nouvel espace



d'après David Altmejd, Untitled


d'après David Altmejd, Untitled


d'après David Altmejd, Untitled



d'après David Altmejd, Spectre assis



d'après David Altmejd, The Flux and the Puddle (détail)



d'après David Altmejd, January


d'après David Altmejd, January

(Flux, au Musée d'art moderne, Paris, jusqu'au 1er février 2015)
7h32 18/12/2014 - 23:21:42

Sarrebruck, 18 décembre 2014, 7h32.


Sarrebruck, 18 décembre 2014, 7h39.

avant, après le concert 24/11/2014 - 23:29:01

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01. Rambla de Canaletes
02-03. MACBA, exposition Art & language incomplet.
04-05. Centre de la imatge, exposition On the table. Ai Weiwei.
06. L’Auditori
07-09. Sagrada Família
10. Fundació Joan Miró

Barcelone, 21 novembre 2014.
note d'orchestre 22 24/11/2014 - 07:22:56
la musique de l'avenir (?)

EN COURS
note d'orchestre 21 16/11/2014 - 22:28:47
pêle-mêle

EN COURS
Fromelles 2014 11/11/2014 - 22:45:31
Trouble pictural 09/11/2014 - 23:28:42

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d’après:
01. Jacques Trovic
02. Michel Dave
03. Alexis Lippstreu
04. Jean-Jacques Bonnnier

(Le Colysée, Maison Folie de Lambersart, 9 novembre 2014)
note d'orchestre 20 09/11/2014 - 23:12:08
point d'orgue

Annoncé comme le "point d’orgue de la saison du Centenaire", le J’accuse d’Abel Gance, "version restaurée présentée en avant-première mondiale avec une création musicale symphonique et électronique"*, m’est surtout apparu comme un machin couteux, artificiellement gonflé au profit d’une instrumentalisation tous azimuts. L’intrigue sentimentale y tient plus de place que la guerre, souvent réduite au statut de cadre, de révélateur de cette intrigue. Et la réapparition régulière du "j’accuse" à l’écran, ne suffit pas à nourrir une accusation peu développée. Seule exception à tout cela, la fameuse scène des morts revenant demander des comptes à ceux qui ont profité de la guerre, résultat d’une hallucination qui ne tarde pas à se dissiper, les morts retournant à l’oubli sans avoir longtemps perturbé les profiteurs.
Beaucoup d’artistes, de cinéastes sont allés plus loin qu’Abel Gance dans la dénonciation de la guerre et son expression, ainsi de deux films vus ces derniers jours, plus modestes, certes, affublés de moins de prétentions, certainement, mais plus parlants, pour un public d’aujourd’hui, qu’un film qui n’a finalement d’intérêt que pour les historiens, et d’abord ceux du cinéma.
Quant à la musique accompagnant J’accuse, magma tiède qu’agite ponctuellement le vent de l’histoire, la petite plutôt que la grande, elle demeure fondamentalement étrangère aux images. Non qu’il faille qu’une musique se plie à ce qui se passe sur l’écran, le mariage des images et des sons n’étant jamais aussi fécond que lorsque tout les oppose. Sauf qu’ici rien ne se passe. Et ce malgré l’engagement du chef et de l’orchestre, et leur évidente capacité à restituer la partie qu’on leur a confiée.

* samedi soir, 8 novembre 2014, à Paris, Salle Pleyel.
** Le Temps des aveux, de Régis Warnier, et ’71, de Yann Demange.
PdT 01 09/11/2014 - 23:10:20
1. Inside China, L’Intérieur du Géant


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d’après :
1. Inside China, L’Intérieur du Géant
01. Wu Hao, Rolling Gate, 2014
02. Yu Ji, Public Space No.3, 2011
03. Yu Ji, Flesh in Stone #2, 2013
04. Yu Ji, Flesh in Stone #3, 2013
05. Zhao Yao, Great Performance No.4, 2011
06. …
07. Yu Ji, Tiny Figure-Man, 2014
08. Yu Ji, Flesh in Stone
09. Yu Ji, Flesh in Stone
2. Inside
10. Ataru Sato…
11. Ryan Gander…
12-14. Mark Manders…
15. Mike Nelson…
16. Dran…
17. Berdaguer & Péjus…
18. Ryan Gander…

(Paris, Palais de Tokyo, 8 novembre 2014)

note d'orchestre 19 06/11/2014 - 07:35:51
J’avais pourtant cru que je parviendrais à toucher le bas de son manteau, mais alors que la manifestation débutait, avec 20 minutes de retard, on nous a annoncé qu’il n’y assisterait pas en personne, mais par le moyen d’une liaison vidéo. Je suis néanmoins resté le temps d’écouter, de voir quatre musiciens de l’Orquesta Sinfónica Juvenil de Caracas interpréter quelques pages de Haydn et de compositeurs sud-américains. Solide plutôt que musical, mais dans un contexte, une acoustique qui ne se prêtait pas aux subtilités. Reparti juste après, sans avoir même pris le temps, sinon de toucher, au moins de voir de quel couleur était son manteau.

3 novembre 2014, Université de Lille 3 Amphi B7, Remise du doctorat Honoris Causa à José-Antonio Abreu, fondateur de El Sistema au Venezuela.
31 jours en octobre (Lille vers 8h) 06/11/2014 - 00:16:52



[7 octobre]




[16 octobre]


[20 octobre]

[22 octobre]

[24 octobre]

[26 octobre]

[28-29 octobre]
note d'orchestre 18 04/11/2014 - 08:13:04
Circulez, chef-d’œuvre.

Deux fois que je ressors plutôt sceptique d’un de ces films qui, pourtant, se font s’esclaffer le petit bonhomme de Télérama. Il y a quelques semaines, c’était Mommy de Xavier Dolan, parasité par un sous-titrage inapproprié. Et là, Une nouvelle amie de François Ozon, qui certes traite du thème de l’identité, voire appelle à la tolérance, mais emballe le tout dans un cinéma qui relève davantage d’une série ordinaire, un rien laborieuse, que d’un cinéma ambitieux, inspiré. Ce qui n’ôte rien à la sympathie que j’éprouve pour l’un et l’autre réalisateurs, ainsi que pour leurs personnages, leurs acteurs, etc.


Le thème de la semaine

Ich bin der Welt abhanden gekommen, lied de Gustav Mahler. L’un de ceux dont l’audition réactive tout ce que ses auditions précédentes ont suscité en moi. Depuis la première, ou l’une des premières fois où je l’ai entendu, conclusion du Concert d’adieu de Bruno Walter à Vienne, le 29 mai 1960. L’un des plus précieux parmi les enregistrements que je collectionnais à l’époque où je vouais au chef d’orchestre une admiration exclusive. D’autres l’ont rejoint depuis, sans l’éclipser vraiment.


de la musique classique

Prenant pour point de départ une interview que Jonny Greenwood accordait quelques jours plus tôt à la BBC, où le musicien de Radiohead évoquait ce qu’il trouvait de rebutant dans le fonctionnement de la musique classique – le formalisme des concerts, la rigidité des programmes, le fait que les orchestres sachent exactement, deux ans à l’avance, ce qu’ils vont jouer… –, où il comparait cette situation à ce qu’elle était du temps de Mozart, et où il envisageait des situations alternatives – "Les gens sont debout, dans le noir, il y a un bar, nous nous installons sur scène et nous jouons ce que nous avons particulièrement envie de jouer ce soir-là, ayant établi juste avant la liste de ce que nous allions jouer" – Baldur Brönnimann, chef d’orchestre suisse, énonce dans son blog**, 10 initiatives susceptibles de changer la musique classique : 1. Le public devrait se sentir libre d’applaudir entre les mouvements ; 2. Les orchestres devraient s’accorder en coulisses ; 3. On devrait pouvoir utiliser les téléphones portables (en mode silencieux) ; 4. Les programmes devraient être moins prévisibles ; 5. On devrait pouvoir emmener sa boisson dans la salle ; 6. Les artistes devraient échanger avec le public ; 7. Les musiciens ne devraient pas jouer en queue de pie ; 8. Les concerts devraient être plus accueillants pour les familles ; 9. Les salles de concert devraient utiliser davantage les technologies d’avant-garde ; 10. Chaque programme devrait contenir une pièce contemporaine. Initiatives pertinentes, dont certaines sont déjà appliquées, ici ou là, tandis que d’autres continueront de faire se dresser les cheveux sur la tête des musiciens et des organisateurs de concerts. Initiatives auxquelles on pourra en ajouter d’autres, beaucoup d’autres, qui contribueront à libérer la musique du carcan d'instrumentalisations en tous genres dont elle est accablée, à la rendre plus vivante, à faire en sorte qu’elle retrouve la place qui est potentiellement la sienne au cœur de tous ceux qui ont des oreilles pour entendre.

* Schwarzkopf - "Ich bin der Welt abhanden gekommen" (Mahler - Rückert-Lieder)
http://www.youtube.com/watch?v=VN8yFDfYGSw
** 10 things that we should change in classical music
http://www.baldur.info/blog/10-things-that-we-should-change-in-classical-concerts/
note d'orchestre 17 03/11/2014 - 22:43:48
citations

L’actualité, souvent, réveille les citations. Ainsi, la semaine dernière, cet arrêté interdisant les clowns, appelant le "vaste programme" de De Gaulle. Ou plus récemment, ce musicien fameux refusant un prix, attitude rappelant celle de Maurice Ravel, épinglé par Erik Satie : "Ravel refuse la Légion d’Honneur, mais toute sa musique l’accepte." Mais là, il y aurait lieu de développer…
note d'orchestre 16 02/11/2014 - 22:46:55
Mais une fois que tu seras sorti de cette tombe…

"Ceux qui mettent au monde des enfants en violant la loi, seront punis pas la loi." (1)


"Demandez à n’importe quelle personne dans la rue, elle vous dira que dès qu’elle entend les premières mesures du Beau Danube bleu, elle a les larmes aux yeux. […]" (2-3)

"L’Orchestre philharmonique de Vienne s’est produit pour la première fois en Chine en 1973, sous la baguette du violoniste et chef d’orchestre Willi Boskovski. Boskovski dirigeait depuis plusieurs décennies le Concert du Nouvel An à Vienne. Lors de cette première tournée en Chine, il dirigea cette valse pour le plus grand bonheur du public. Mais, peu de temps après, le gouvernement a estimé que ce morceau donnait au peuple une envie de bouger trop importante, et un trop grand sentiment de liberté. Ils ont donc arrêté de la diffuser à la radio et à la télévision. Pendant quelques années, Le Beau Danube bleu a été interdit en Chine. Mais aujourd’hui, la Chine aussi retransmet le Concert du Nouvel An, qui se clôt par la valse du Beau Danube bleu et également la Marche de Radetzky de Johann Strauss père, où tout le monde applaudit." (4)

Pierre Lemaitre, prix Goncourt 2013 pour Au revoir là-haut, compare la France du début du XXe siècle à celle d’aujourd’hui, "toutes les deux des France en guerre. La première, c’était une guerre militaire, contre un ennemi extérieur, aujourd’hui c’est une guerre économique, une guerre financière, contre un ennemi qui est, maintenant, mondialisé. Mais, au fond, les effets sont les mêmes.
Qu’est-ce qu’on attend d’un système social dans une Europe moderne, c’est qu’il soit capable de faire de la place pour tout le monde…" (5)

Dai Wei, étudiant à Pékin, participe aux événements de la Place Tian'anmen. Jusqu’à ce 4 juin 1989, lorsque l’armée chinoise réprime le mouvement dans le sang. Touché d’une balle à la tête, Dai Wei plonge dans un coma profond, ne manifestant plus aucun signe d’une activité consciente. Sa mère prend soin de lui, d’autant plus difficilement que la répression continue. Alors que se profilent les Jeux Olympiques de 2008, c’est, vaste programme de réhabilitation oblige, leur appartement qui est condamné à la démolition. Mais Da Wei, enfin, émerge du coma.
Passionnant roman de Ma Jian, imbriquant le récit des années qui ont conduit au 4 juin 1989, en particulier celui, détaillé, des événements de la Place Tian'anmen, et des années qui ont suivi, telles que les a perçues un Dai Wei, qui a, contrairement aux apparences, conservé une conscience de ce qui se passait autour de lui. Entre autres moments forts, celui du prélèvement d’un de ses reins, vendu par sa mère afin de payer les traitements médicaux dont il a besoin pour survivre.
"Mais une fois que tu seras sorti de cette tombe de chair, où pourras-tu aller ?" (6)


(1) Arte reportage, 1er novembre, Chine : naître et ne pas être*
(2) La Voix du Nord, 1er novembre
(3) Arte, 2 novembre, Histoire d'une valse, Le Beau Danube bleu, Franz Welser-Möst, ex-Directeur musical de l’Opéra de Vienne
(4) id., Christoph Wagner-Trenkwitz, musicologue, spécialiste de la valse
(5) Arte, 2 novembre, Metropolis
(6) Ma Jian, Beijing Coma


* Dans ce reportage, où il est question de la politique de l’enfant unique, il est dit que cette politique n’a plus vraiment lieu d’être, car dans quelques années la population de la Chine commencera à décroître, les décès étant désormais plus nombreux que les naissances. Mais qu’elle perdure parce que trop de personnes ont le pouvoir, qui ne veulent pas renoncer au bénéfice des amendes infligées à ceux qui l’enfreignent…
note d'orchestre 15 31/10/2014 - 07:54:09
EN COURS
note d'orchestre 14 30/10/2014 - 08:19:45
de l’acte de composer

Entre jugements à l’emporte-pièce et détours un rien fumeux, le petit livre* que Richard Millet consacre à Sibelius, dont on fêtera l'année prochaine le cent-cinquantième anniversaire, vaut d'abord pour quelques emprunts au compositeur. Au choix :
"Rien au monde, ni l’art ni la musique, ne me touche autant que les cygnes et les grues sauvages", écrit-il. (page 71)
Le 10 avril 1915, il note, à propos des thèmes de la Cinquième : "C’est comme si Dieu le père avait jeté du ciel des pièces de mosaïque et me demandait de les remettre en ordre. Peut-être est-ce là une bonne définition de l’acte de composer. Peut-être pas. Comment savoir ?" (page 99)

* Richard Millet, Sibelius, les cygnes et le silence
note d'orchestre 13 29/10/2014 - 19:14:58
(il)légitimité

entretien publié aujourd’hui dans La Croix, où, commentant les événements de Sivens, Dominique Bourg dresse un diagnostic concis et pertinent de l’état de la démocratie en France. Qui s’appliquerait tout aussi bien à d’autres aspects de notre fonctionnement en société.

extraits :
"Comme citoyens, ces militants écologistes se sentent impuissants face à une classe politique qu’ils jugent de moins en moins représentative et des élus locaux qui font la pluie et le beau temps. […] une démocratie en crise. […] il faut distinguer légalité et légitimité. Quand vous vous faites élire sur un programme et que vous faites l’inverse, vous prenez la légalité en otage. Que cela suscite des mouvements de résistance dans le pays, c’est compréhensible. En France, la démocratie est très peu représentative. Les élus constituent un petit milieu homogène, en termes de classes d’âge, de profils professionnels et de niveau d’éducation. Les formes de légalité sont du coup trop "orthogonales" par rapport au courant réel du pays. […] En France, l’absence de légitimité vient corroder la légalité. C’est pourquoi il peut y avoir des conflits frontaux entre légalité et légitimité. […] Malheureusement aujourd’hui, c’est tout le système démocratique qui est grippé et qui fait que des minorités de toutes parts tentent d’imposer leur volonté. Nous ne nous en sortirons pas sans une refonte des institutions et un renouveau démocratique afin de mieux articuler légalité et légitimité."

entretien recueilli par Céline Rouden
article intégral à lire dans La Croix, n° 40023, du mercredi 29 octobre 2014
la FIAC 27/10/2014 - 23:48:53
1. les gens


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d'après :
01. Manfred Pernice, Barrière ‘Tiefengarage’, 2008
03. Richard Fauguet, Juliette au Cubi, 2014
04. Michael Williams, Yoga Online Series, 2014
05. Idris Khan, Untitled, White on White, 2014
06. Doug Aitken, Sun Pool, 2014
07. Amanda Ross-Ho, Leave Me Alone (inverted with timestamp), 2014
08. Jacques Herold, Sans titre, 1941
09. Martial Raysse, Bel été concentré, 1967
10. Joan Miró, Maure, 1969
11. Mark Manders, Composition with Verticals / Several Drawings on Top of Each Other, 2013-2014
12. David Altmejd, Untitled 10 (Body Builders), 2014
13. Derrick Adams
14. Juan Muñoz, Hombre Colgado Boca, 2001
15. Nicola Martini
16. Daniël van Straalen, Untitled # 2, 2014
17. Gideon Rubin
18. Jacques Lizène, Art syncrétique, 1964, Sculpture génétique, 1971, en remake, 2011
19. Elsa Sahal, Sans titre (Pied), 2014
20. Erik Dietman, Suicide à cent balles, 1992

(Paris, Tuileries, Grand Palais, Les Docks, dimanche 26 octobre 2014)
note d'orchestre 12 27/10/2014 - 07:54:52
The Joy of music

Un orchestre qui joue, que le chef fait jouer, a fortiori lorsque celui-ci allie l’énergie de la jeunesse à l’autorité de la compétence... J’évoque rarement les concerts auxquels j’ai travaillé, mais là j’ai envie de dire que j’ai éprouvé du plaisir à écouter l’Orchestre national de Lille dirigé par Alexandre Bloch. Plaisir, joie, the joy of music, Leonard Bernstein. À qui Alexandre Bloch m’a aussi fait penser, en particulier dans le Concerto pour orchestre de Bartók, par cette capacité de rendre simple, évidente, une musique complexe. De caractériser chacun des éléments de cette musique, et de les organiser en un tout. Sans gommer ce qu’elle peut avoir de trouble, d’obscur. Capacité du chef d’orchestre, lorsqu’il a une vision claire de la musique, à projeter celle-ci. Par des moyens qui relèvent à la fois d'une pratique, d'une technique, et d'une capacité relationnelle moins aisément définissable. Incitant, stimulant, encourageant les musiciens, leur permettant d’être à la fois pleinement eux-mêmes et rouages d’un tout.
note d'orchestre 11 22/10/2014 - 08:02:06
un goût d'avenir

Je n’aime pas utiliser des expressions tels que "petit bijou", et pourtant, là…
Il y a aussi l’image que donne ce groupe, qui appelle celle de l’orchestre, dont on dit qu’il est un condensé de la société, dont on a même, parfois, voulu faire un modèle pour la société, alors que, par un renversement de situation, le modèle, là…
Et puis il y ce bonheur, "petit bonheur" de programmateur, lorsque d’une litanie de caractères ordinaires se détache quelque chose, ce "petit quelque chose" qui sera pour celui le possède la cause d’une vie moins ordinaire. À moins que...

à voir : Chante ton Bac d’abord, film de David André, "histoire tumultueuse d’une bande de copains de Boulogne-sur-Mer", avec un certain Nicolas Dourdin.
note d'orchestre 10 19/10/2014 - 10:05:15
inhumain

"car à la fin, le fait qu'un seul homme détermine ce que cent autres doivent faire est toujours quelque peu inhumain." (Nikolaus Harnoncourt, La Parole musicale, page 80)
note d'orchestre 09 14/10/2014 - 13:43:00
LB



14 octobre 2014, 24e anniversaire de la disparition de Leonard Bernstein.
note d'orchestre 08 12/10/2014 - 22:52:13
le meilleur ?

note d'orchestre 07 12/10/2014 - 22:51:26
La National Gallery que nous donne à voir Frederick Wiserman, est une immense fabrique où chacun, du directeur au plus modeste des visiteurs, écrit, épisode après épisode, l’histoire de son rapport à l’art. Chacun ? Je me suis posé la question en apercevant quelques serveurs en uniforme, occupés à proposer coupes et petits fours aux invités d’un vernissage. Je me suis dit que parmi eux, il y en avait certainement à qui l’art ne disait rien. Comme à d’autres, plein d’autres, qui ne franchiront jamais les portes du musée. Il y a de multiples accès à l’art, mais pas un qui ne nécessite quelque déclencheur extérieur à lui, et sans lequel il reste muet.

ll y a une séquence, à la presque fin du film, qui a particulièrement attiré mon attention, sans que je m’explique complètement les raisons de mon intérêt. Séquence qui fait écho à une performance qui s’est déroulée dans l’une des salles du musée, deux danseurs évoluant au pied de deux tableaux, tels deux personnages descendus du cadre, incarnation. Écho aussi à une autre séquence du film, dessin d’après modèle vivant, nu, immobile, dialogue du professeur et de l’élève, autour du fait que dans un tel contexte l’observation de la nudité ne suscite pas de trouble. Dialogue des siècles, des arts, peinture, danse...

Après la danse, retour à la peinture, quelques portraits, autoportraits, dont celui, dernière image, de Rembrandt. L’énigme demeure, que les 2h53 du film ont à peine effleuré.

À voir : National Gallery, de Frederick Wiserman.
le jour d'après 11/10/2014 - 23:00:09

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d’après :
01. Erik Dietman, Le proverbe turc, 1888-1998
02. Carsten Höller, Light Wall IV, 2007
03. Jugnet + Clairet, Sunset #1, 2005
04. Bérénice Merlet, Petit salon, 2010
05. Alain Fleischer, Et la lumière revint, 1981
06. Andrea Nacciarriti, Lightbox, 2007
07. Véronique Boudier, Prova Poetica, Danse à la lampe de poche, 2014
08. T, Momentum 002: virtual landscape for disembodied spirits, 2011
09. Arik Levy, Sparkler, 2003
10. Laurent Pernot, Vivre / Ivresse, 2012

(Tourcoing, Le Fresnoy, LUX, samedi 11 octobre 2014)
note d'orchestre 06 10/10/2014 - 07:59:14
"And when that doesn't work, it's because I've got in the way of the music somehow, either by making gestures that stop the flow of the music, or by consciously counting bars instead of going with the energy of the performance."

Jonathan Nott, extrait de Music As Alchemy, un livre très instructif où Tom Service s'intéresse à ce qui fait la spécificité de la relation exemplaire de six chefs avec leur orchestre, Valery Gergiev et l'Orchestre symphonique de Londres, Mariss Jansons et l'Orchestre royal du Concertgebouw d'Amsterdam, Jonathan Nott et l'Orchestre symphonique de Bamberg, Simon Rattle et l'Orchestre philharmonique de Berlin, Ivan Fischer et l'Orchestre du Festival de Budapest, Claudio Abbado et l'Orchestre du Festival de Lucerne. J'y reviendrai en détail.
premier jet 09/10/2014 - 22:28:07






























Lille, Tripostal, Passions secrètes, collections privées flamandes.
note d'orchestre 05 02/10/2014 - 08:04:05
A New World Symphony

Trois émissions instructives, récemment sur BBC 3*, où il était question du "nouvel enthousiasme global" suscité par la musique classique occidentale. Enthousiasme reflété l’été dernier, par la participation aux BBC Proms, d’orchestres symphoniques venus du Qatar, de Chine, de Singapour, de Corée du Sud, de Turquie et du Brésil. Volonté de nations émergentes et d’une classe moyenne bourgeonnante d’accéder par ce moyen au festin culturel international ? ou enthousiasme réel, susceptible de durer et d’avoir un impact sur des territoires où la musique classique était jusqu’à récemment, peu ou pas implantée ?

De nouvelles salles de concert imposantes voient le jour dans toute la Chine, des systèmes pédagogiques ambitieux se développent en Amérique du Sud, en Inde, des millions d’enfants apprennent à jouer d’instruments occidentaux, trente millions, rien qu’en Chine, étudient le piano, développement radical pour une tradition longtemps ancrée à l’Ouest. Alors, cette tradition s’imposera-t-elle à ces nouveaux territoires, ou s’y transformera-t-elle, revenant chez nous ranimer, transformer nos pratiques anciennes ?

La situation varie de façon significative d’un pays à l’autre, qu’il s’agisse de financement, des orchestres chinois, largement subventionnés, à ceux de Turquie, dont l’état tend à se désintéresser au bénéfice de traditions locales. De public, avec cet exemple d’un pays où la musique classique touchant surtout un public jeune, on se demande comment y intéresser un public âgé. De répertoire, globalement peu innovant, même si Marin Alsop peut évoquer son expérience brésilienne d’un public acceptant avec la même ouverture d’esprit répertoires classique et contemporain, l’un et l’autre étant aussi neufs aux oreilles de ce public.

Alors cette musique continuera-t-elle de progresser dans ces pays, au-delà de son utilisation ponctuelle comme outil de développement ? l’enthousiasme qu’elle suscite gagnera-t-il des publics pour lesquels elle demeure lettre étrangère ? connaîtra-t-elle dans ces pays une seconde vie alors que les signes de désaffection qui l’affectent chez nous se seront amplifiés ? Une vie à la mesure à l’échelle de l’Inde, ou de la Chine…


* Sunday Feature, Global Classical Music – A New World Symphony, 1. Cultural Monuments (21 septembre), 2. New Orchestras, New Repertoire? (28 septembre), 3. Education - 30 Million Young Pianists (5 octobre).
24 jours en septembre (de Lille en Chine, aux environs de 7h) 02/10/2014 - 07:58:31









[16-17 septembre]





[23-24 septembre]




[29-20 septembre]

note d'orchestre 04 28/09/2014 - 23:44:57
L’année prochaine à Royaumont

Presqu’aussi sûrement qu’avec rentrée, septembre rime pour moi avec Royaumont. Session de composition, quinze compositeurs venus du monde entier, travailler auprès de quelques-uns de leurs aînés, dont l’inamovible Ferneyhough. 15h-19h30, deux concerts quasi-enchaînés, résultat des travaux. Depuis des années fidèle au rendez-vous, étape obligée d’une quête, passion de jeunesse tournant parfois à la vieille habitude, travail, aussi : trouver le compositeur de demain, la musique inouïe qui sauront réenchanter nos vies, et d’abord celle de ceux qui vont au concert.



Le compositeur de demain ne se déniche pas sans effort. Pas facile, en effet, de parvenir à Royaumont, particulièrement cette année, voies ferrées en travaux, RER en retard, bondé, mais la navette est là, qui me permet de rattraper le retard et d’arriver juste à temps pour le premier concert. Mais se niche-t-il à Royaumont, ce compositeur de demain ? Plus ou moins qu’ailleurs ? Comme chaque année, arrivé plein d’espoir, j’ai le sentiment de repartir bredouille. Sans le nom du compositeur de l’avenir, avec quelques questions, pourtant, quelques réflexions de plus. Pas tout à fait bredouille, donc.



Le fonctionnement de Royaumont, de la Session de composition, fait que plus qu’un ensemble d’œuvres, on parcourt un catalogue, un nuancier, où chaque apprenti-compositeur donne à entendre, en quelque dix minutes, le genre de matière qu’il a appris à produire, de sonorités auxquelles il est sensible. Seuls deux ou trois nous entraînent un peu plus loin, nous font parcourir un bout de chemin, un bout seulement. Et comme cette impression, je la ressens aussi dans d’autres manifestations censées nous révéler la nouvelle musique, je me dis que le problème dépasse les particularités de l’une ou l’autre.



Qu’il provient d’un poids trop important du passé, de l’institution, du conservatisme ambiant. Qui nous impose, fût-ce avec notre consentement, et quoiqu’on en dise, l’idée que la musique est nécessairement l’aboutissement d’un certain savoir, et qu’elle ne peut être délivrée que d’une certaine façon. Le passé est utile, entre autres lorsqu’il permet de substituer à l’expérience musicale absente le plaisir de la reconnaissance, ainsi ce pizzicato de la Simple Symphony de Britten qui pointe son nez sous l’une des musiques entendues, ou lorsqu’il se prête à une pointe d’humour bienvenu dans cet océan de sérieux, mais restant somme toute anecdotique.



Alors je continue de rêver d’une musique d’aujourd’hui, une musique libérée de ces excès de passé, d’institution, de savoir, qui renouerait le dialogue avec le public d’aujourd’hui. Une musique qui se poserait davantage la question du pourquoi, au lieu de se limiter à celle du comment. Mais là, évidemment, ce n’est plus seulement de musique qu’il s’agit, ou alors de musique miroir du monde tel qu’il va. Et puis parfois ce rêve se réalise, subrepticement. Lorsque par exemple j’écoute la musique d’un Adamek. Que j’aurais pu découvrir à Royaumont, même si en fait, ce fut à la radio. Alors, sauf détournement de RER ou autre aléas, je serai à Royaumont l’année prochaine.

musiques – j’y reviendrai plus en détail – de Peter Fahey (Irlande) ; Haukur Thor Hardarson (Islande) ; Zesses Seglias (Grèce) ; Núria Giménez Comas (Espagne) ; Zihua Tan (Malaisie) ; Katharina Roth (Allemagne) ; Nicholas Moroz (Royaume-Uni) ; Ricardo Eizirik (Brésil) ; Andrés Guttiérez Martinez (Mexique/Autriche) ; Stanislas Makovsky (Russie) ; Mikel Urquiza (Espagne) ; Lorenzo Troiani (Italie) ; Raphaël Languillat (France) ; Lorenzo Restagno (Espagne) ; Lorenzo Romano (Italie).
Mons, Belgique,
en marge de City Sonic.
28/09/2014 - 08:28:57

NÉ À MONS EN 1532



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LA BATAILLE DE MONS (BAM)



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THE FIRST AND THE LAST (BAM)



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FRITZ HABER, UN ESPRIT EN GUERRE (Salle Saint-Georges)



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CITY SONIC


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6, d’après Jack Holt
7, d’après Pietro Garrone
8, d’après Kateryna Kylitska
9, d’après Gabriela Tomczyk
12, d’après Vivian Barigand, Six years ago
13, d’après Wilton Rose, Infinite white noise
14, d’après Thomas Israël, Méta-crâne
15, d’après Matt Coco, Fantômes + Eidesis partition subjective - conte de Fukushima 1
16, d’après Adrien Lefebvre, City Live Streaming
17, d’après Zaki Jawhari & Julien Poidevin, Lignes Sonores.
de Shanghai à Yangzhou,
en marge des concerts chinois de l'onl.
24/09/2014 - 22:23:35
du côté du M50 (Shanghai)


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Shanghai, autres vues.


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Yangzhou


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(17-22 septembre 2014)

dont, vu à la galerie Island 6 (2-6) :
- 2. d’après He Sai Bang
- 3. d’après Liu Dao, The Ballad of Xiu Ying
- 4. d’après Liu Dao, Everything Old is New Again
- 5. d’après Liu Dao, Purrrrrrrrr
note d'orchestre 04 16/09/2014 - 06:41:45
Le plus beau des Sacre du printemps ?...

... celui d'Alice Sara Ott et de Francesco Tristano ?

(Scandale, cd Deutsche Grammophon, comprenant aussi des musiques de Francesco Tristano, NikolaïRimski-Korsakov et Maurice Ravel)
Moon Festival... 15/09/2014 - 22:52:24
note d'orchestre 03 14/09/2014 - 23:29:45
forever ?

Le rituel en est tellement immuable qu’on a du mal à imaginer ce qui pourrait empêcher qu’elle se reproduise ainsi, année après année, jusqu’à la fin des temps. Sans subir d'autre révolution plus importante que celle qui se produira un jour, peut-être : le remplacement, dans l’hymne conclusif, de "Queen" par "King", "God save the King" ! Sinon, on notera, que la dernière nuit des Proms, Last Night of the Proms, fut cette année, sous la direction de Sakari Oramo, plus musicale - choix, diversité des morceaux menant à l’inévitable litanie des Rule, Britannia!, Pomp and Circumstance, Jerusalem et God save the Queen, exécution aussi – que les éditions précédentes, sous celle de Jiří Bělohlávek.
note d'orchestre 02 14/09/2014 - 23:28:41


Madame, Miss, etc.

J’ai toujours été "bon public" s’agissant de comédie musicale, particulièrement celle que l’on voit à Londres ou New York. Mais revoyant, non sans un certain plaisir, Miss Saigon, je me disais qu’il s’agissait là d’un bien curieux objet. Comédie musicale étroitement inspirée de l’opéra de Puccini, Madama Butterffly, tout en s’en démarquant, naturellement par l’époque, le contexte, mais aussi, entre autres, par la psychologie de personnages plus actuels.

La comédie musicale, qui nous est a priori plus proche que l’opéra, est tout aussi arbitraire que peut l’être celui-ci, lorsque l’argument y est découpé en numéros, airs, chœurs, morceaux dansés ou autres moments de bravoure. Que les spectateurs applaudissent, applaudissant du même coup l’abandon des Vietnamiens par les Américains, ou le suicide de la femme à qui l’on vient de prendre son enfant. Ce traitement paraît d’autant plus arbitraire que les événements mis en scène ont pour nous une autre résonance que ceux de l’Antiquité.

Forme du passé, l’opéra n’a que ponctuellement, et de façon généralement inaboutie, évolué jusqu’à devenir actuel. La comédie musicale, par les sujets dont elle s’inspire, les moyens qu’elle requiert, son histoire-même, peut paraître plus contemporaine. Relativement. Est-ce par hasard que ce samedi après-midi, à Londres, les spectateurs qui emplissaient la salle étaient surtout des personnes d’un certain âge ? Juste une question de jour ? ou pas ? Quelle serait alors la forme actuelle du théâtre musical ? Si tant est qu'elle n'est pas à inventer.
un samedi chez Saatchi 13/09/2014 - 22:48:13

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d’après :
PANGAEA: NEW ART FROM AFRICA AND LATIN AMERICA
- 1. Rafael Gómezbarros, Casa Tomada, 2013.
- 2-3. Leonce Raphael Agbodjélou, Untitled (Demoiselles de Porto-Novo series), 2012.
- 4. Fredy Alzate, Lugares en Fuga, 2012.
- 5-6. Ibrahim Mahama, Untitled, 2013.
DEPARTURE: XAVIER MASCARÓ
- 7. Xavier Mascaro, Masks, 2012-2014.
- 8. Xavier Mascaro, Sacred Couple, 2014.
- 9. Xavier Mascaro, Departure, 2009-2011.
(Saatchi Gallery, Londres, 13 septembre 2014).
note d'orchestre 01 09/09/2014 - 23:47:05
Beethoven en série

Beethoven en série, ces jours derniers.

Celui, racé, tonique, élégant, de Martha Argerich, Emmanuel Krivine et les musiciens de l’Orchestre de chambre d’Europe.

Celui en forme d’énigme du WEDO et de Daniel Barenboim. WEDO, pour West-Eastern Divan Orchestra. Comme expression, aussi, de la volonté qui anime cet orchestre extraordinaire ? Sauf que si eux font, plutôt bien, lui ne fait pas grand-chose. Qui donne l’impression d’improviser une gestique hasardeuse sur une musique qu’il n’a pas pris le temps de se remémorer. Énigme ? qu’un si piètre chef d’orchestre fasse une telle carrière ! Quant au pianiste, qui, il y a quelques jours, enchaînait les deux concertos de Brahms…

Beethoven, enfin, sensible, palpitant, animé d’une vie intense... Pas la peine de continuer, ceux qui me lisent, ceux aussi, probablement, qui l’ont vu, entendu, auront reconnu Andris Nelsons.

- 24 avril 2014, Festival de Pâques d’Aix-en-Provence, Concerto n° 1, par Martha Argerich et l’Orchestre de chambre d’Europe, direction Emmanuel Krivine (Arte, 7 septembre)
- juillet 2012, Proms, Intégrale des Symphonies, par le West-Eastern Divan Orchestra, direction Daniel Barenboim (Arte, 8 septembre)
- 9 septembre, Beethovenfest Bonn 2014, Symphonies 6 & 7, par le City of Birmingham Symphony Orchestra, direction Andris Nelsons (en direct sur hr2)
Cuba, Riga... 09/09/2014 - 07:51:54
Je ne vais pas, comme ça, continuer à parler de mes vacances. Même si vacances rime pour moi avec ouverture, ouverture d’une fenêtre sur une autre réalité, fenêtre dont il faut veiller à ce qu’elle ne se referme pas, réalité qui immanquablement renvoie à la mienne, à la nôtre.

À Cuba comme en Lettonie, j’ai été frappé des conséquences désastreuses de l’abus de pouvoir des grandes puissances. Depuis plus d’un demi-siècle, les Etats-Unis imposent à Cuba un embargo inique, auquel, espérait-on, Barack Obama mettrait fin. Espoir déçu, définitivement ?

En Lettonie, ce sont les Soviétiques qui ont sévi durant près d’un demi-siècle. Exécutant, déportant, contraignant à l’exil des centaines de milliers de personnes. L’accès du pays à l’indépendance, en 1991, a marqué la fin de cette époque. Définitivement ? La visite d’Obama aux pays baltes, la semaine dernière, avait entre autres buts celui de rassurer ces pays à un moment où l’on prête aux Russes des velléités de reconquête.

Et les affaires continuent, en Ukraine, mais aussi en Irak, en Lybie, où les Occidentaux, Américains en tête, semblent avoir fait pire que mieux. Partout le pouvoir dégénère, engendrant excès, abus de pouvoir. Nulle part on ne semble avoir su, voulu mettre en place les correctifs, les garde-fous qui l’empêcheraient de dégénérer. En France pas plus qu’ailleurs, sur un mode plus vaudevillesque, parfois, même si je trouve particulièrement révoltant que rien, ni conscience morale, ni mécanisme institutionnel, ne débarrasse la vie publique de ce "responsable" qui s'est mis au-dessus des lois en fraudant le fisc. Sans parler de cet autre qui se moque de ses concitoyens dans la misère, alors qu’il s’avère incapable de remplir la première des missions qu'ils lui ont confiées : faire en sorte que leur condition s’améliore.

La solution, l’exemple d’un pouvoir positif, harmonieux doit-il venir d’ailleurs ? de l’art, par exemple ? Ceci est une autre histoire.

Quant à Cuba, car je reviendrai à Cuba, il y a au moins, si je puis dire, un aspect positif à son malheur. Ce pays, qui semble s'être arrêté il y a cinquante ans, apparaît aujourd'hui, sa nature en particulier, beaucoup moins abîmé que ne le sont ceux qui ont davantage bénéficié du "progrès". Non qu'il devrait en rester là, mais on se prend à rêver à ce qui, pas quelqu'un, pas quelque homme providentiel, à ce qui pourrait le remettre en route, en tenant compte des erreurs des autres. Pure utopie ?!
Mère Noël 07/09/2014 - 09:41:03


Vaļņu iela, rue Vaļņu, Riga, jeudi 28 août, 11h36. Une femme est là, qui a posé sac et châle contre la palissade, mis en marche sa musique et se trémousse. Telle ces Pères Noël boîtes à musique. Quelle peut bien être son histoire – vertige de l’imagination – qu’est-ce qui l’a amenée là ? Une histoire qui pourrait bien débuter en 1510, année où, dit-on, naquit à Riga la tradition du sapin de Noël.

autres images de RIGA
19 jours en août (Lille aux environs de 7h) 31/08/2014 - 23:01:45







[13-21 août]




[26-28 août]


Valeurs sûres (notes estivales 4) 23/08/2014 - 23:55:10
J’écoute un cd, acheté sur un coup d’oreille, sans y trouver ce que j'en attendais. Jusqu’au moment où, subitement, mon attention, qui a dérivé vers d’autres centres d’intérêt, est subitement ramenée à ce que j’entends. Captée par une irrésistible pulsation. Je jette un coup d’œil au livret et constate que la plage en question, de cette compilation par ailleurs assez terne (Red Hot + Bach), est due à Francesco Tristano et Carl Craig.

J’écoute le Lohengrin de Bayreuth. Mais là, je sais qui est aux commandes. Je n’en éprouve pas un moins un plaisir particulier à entendre une musique incarnée jusqu’au bout des notes. Rares sont les chefs qui sont ainsi capables d’animer la musique. Autrefois il y avait Carlos Kleiber et quelques autres, aujourd’hui on les compterait sur les doigts d’une main. Parmi eux, Mariss Jansons et Andris Nelsons, l’un et l’autre nés à Riga, Lettonie... où Wagner passa deux années.
Cuba 21/08/2014 - 22:21:50






























autres photos de Cuba, La Havane, dans Images / 47, Cuba (2014).
Et puis la mer (notes estivales 3) 11/08/2014 - 23:08:04
Et puis la mer, aussi.

J'étais la semaine dernière à La Panne, Belgique, lieu de mes premières vacances, j'avais alors quelques mois. Pas de quoi en faire un film, pas même une photo ?
Un été hors normes (notes estivales 2) 11/08/2014 - 12:07:26
Formidable spectacle que cet Henry VI mis en scène par Thomas Jolly, qui comme Picasso nous donnant à voir un même visage sous divers angles, articule différentes approches de Shakespeare, du spectacle de cirque au théâtre classique.

Formidable concerto que celui, pour violon, de Gabriel Prokofiev, créé quelques jours plus tard aux Proms. Pas une de ces pièces de commande, qui semblent n’être qu’un extrait de la véritable pièce, à venir, mais une œuvre de vastes dimensions, qui réussit de façon exceptionnelle la fusion du classique et de l’électro, sans oublier ses racines russes, rappelant ponctuellement Stravinsky, davantage que le grand-père.

Formidable film que Boyhood, qui filmé durant douze ans, restitue avec une rare authenticité le passage d’un jeune Américain, de l’enfance à l’âge adulte.

Un été hors normes.
13 juillet (notes estivales 1) 10/08/2014 - 22:01:41
C’était il y a longtemps, un concert de je ne sais plus quel orchestre, américain, à Bruxelles, Palais des Beaux-Arts. Lorin Maazel dirigeait Brahms, étirant la musique au-delà du raisonnable, au point qu’un spectateur, n’entendant plus rien venir et croyant la symphonie achevée, s’était mis à applaudir alors qu'il restait encore quelques accords à jouer.

Le jour de la disparition de Lorin Maazel, 13 juillet, Arte rediffuse deux documentaires consacrés à Herbert von Karajan. Alternant affirmations péremptoires du Maestro et autres témoignages, dont la statue ressort un peu éraflée. Extraits, en forme de best of, de bêtisier, parfois :

"J’ai construit quelque chose qui durera plus longtemps que les pyramides." (Karajan)
"Avec les disques, avec la musique que j’ai créée, je suis éternel." (K)
"Karajan croyait que le monde entier avait les yeux braqués sur lui. C’est une illusion. On est très vite oublié, dans la vie. Les disques restent, mais tôt ou tard, plus personne ne s’y intéresse." (Wolfgang Gülich, ancien ingénieur du son EMI)
"Karajan n’aimait pas corriger. J’insistais toujours pour qu’il le fasse." (Hans Weber, ancien régisseur Deutsche Grammophon)
"J’aimerais le revoir. Il y a beaucoup d’artistes que je voudrais revoir, mais c’est impossible." (HW)
28 jours en juillet (Lille aux environs de 7h) 09/08/2014 - 23:34:59











[21-23 juillet]




Quand on n’a pas les moyens de se payer des voyages 27/07/2014 - 07:49:53




"Quand on n’a pas les moyens de se payer des voyages, il faut suppléer par l’imagination." (Claude Debussy)
c'est l'été 15/07/2014 - 08:28:15

21 juillet


14 juillet
spécial(e) Tour de France 09/07/2014 - 07:23:20




notes d'orchestre 25 07/07/2014 - 22:52:30
[EN COURS]
pêle-mêle 3 07/07/2014 - 07:12:02
3. Le film vaut avant tout pour son sujet, et pour les questions qu’ils posent quant à l’art, à l’artiste, à sa médiatisation. Une Américaine a, sa vie durant, pris des photos de la rue, accumulant les négatifs, tout en menant une modeste existence de nounou. Puis elle est morte, et les choses auraient pu en rester là. Mais, lors d’une vente aux enchères, un jeune homme acquiert une bonne partie des négatifs, prend conscience de la qualité de ce qu’il a entre les mains et entreprend de le révéler. Une photographe est née, seconde vie.
À la recherche de Vivian Maier, film documentaire de Charlie Siskel & John Maloof.
Questions, entre autres : est-ce que les négatifs de Vivan Maier sont déjà de l’art ? Est-ce qu’elle se perçoit comme artiste ? alors que, manifestement, elle ne fait rien pour être reconnue comme telle, n’ayant elle-même vu qu’une petite partie de ses photos, les autres n’ayant été développées qu'après sa mort. Qu’aurait-elle pensé de sa carrière post mortem, les avis des interviewées divergeant à ce sujet, entre celle qui dit qu’elle n’aurait pas apprécié cette médiatisation et celle qui dit que, justement, elle l’aurait d’autant plus appréciée qu’elle n’aurait pas eu à la supporter directement ? Qu’est-ce que cette carrière doit à ses promoteurs ? qui constatent qu’elle ne fait pas l’unanimité dans la profession ? Parce qu’ils rejettent cette "collègue" qui n’a pas sacrifié à leurs habitudes ? Quid d’un art gratuit, pour soi, indépendant des circuits de l’art, même s’il ne peut les ignorer complètement, ne serait-ce qu’en réaction contre eux ?
Vivan Maier, nounou, née en 1926, morte en 2009 / photographe, née en 2007 (?)
(re)photographed 06/07/2014 - 21:06:26

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*



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Lille, Tripostal, Transphotographiques 2014.

d’après Guillaume Arnat (*), Albin Millot (**)
notes d'orchestre 24 06/07/2014 - 10:16:26
musiques nouvelles

Dit qu’il y aura toujours des gens mécontents, qu’ils aient joué telle musique plutôt qu’une autre, etc. Qu’ils ont la chance d’être "populaires", mais que les gens ne viennent pas écouter que leurs succès, que les gens viennent aussi écouter des musiques nouvelles, et que ça c’est une chance énorme. Qu’ils peuvent ainsi proposer des choses différentes. Alternant musiques nouvelles et musiques plus anciennes, revisitées. (Nicola Sirkis, la nuit dernière sur France 2)
notes d'orchestre 23 05/07/2014 - 23:48:24
espoirs

Cette capacité à donner corps, vie à la musique. À faire qu'une texture complexe, addition d'un certain nombre d'éléments, sonne non comme une masse informe, indifférenciée, mais comme un entrelacs de formes vivantes, à la fois autonomes et indissolublement constitutives du tout de l'œuvre. Les Pins de Rome que retransmettait vendredi la SWR 2, n'étaient peut-être pas parfaits, ce n'en était peut-être pas LA version de référence, mais ils étaient vivants. Comme les musiques de Berio, Ravel et Dusapin entendues auparavant. Maxime Pascal remplaçait au pied levé Alain Altinoglu dans un programme que, quelques jours plus tôt, il ne connaissait pas. Le chef d’orchestre du XXIe siècle ? L'un des, en tout cas. Plus qu'un chef, d'ailleurs, qui ne se contente pas d’en reprendre l’habit, mais ne cesse d’en interroger la fonction. Vivant.

Après la semaine dernière celle des chefs d’orchestre, il était hier question d’une autre catégorie, celle des espoirs instrumentistes. Année après année, Georges Gara, directeur artistique de Juventus, ajoute à son catalogue de jeunes, nouveaux instrumentistes en qui il a décelé des qualités exceptionnelles. Et depuis plusieurs années, il invite l’Orchestre national de Lille à en accompagner quelques-uns. Ils étaient quatre cette fois-ci, la violoniste Alissa Margulis, l’altiste Nathan Braude, le hautboïste Giorgi Gvantseladze et le violoncelliste Jakob Koranyi. Celui-ci surtout, m’a paru exceptionnel. Technique à fleur de peau, sourire de bouddha affleurant sur son visage, même là où, s’étant brûlé à l’une des scories de la réalité, ses collègues réagiraient par une grimace.

L'avenir de la musique n'est pas écrit, mais la source ne se tarit pas, de ceux qui lui donnent vie.

4 juillet 2014, SWR2
SWR Sinfonieorchester Baden-Baden und Freiburg
Kim Kashkashian, alto
direction Maxime Pascal
Luciano Berio, "Voci" pour alto et deux groupes instrumentaux
Maurice Ravel, "Ma Mère l'oye"
Pascal Dusapin, "Reverso", solo n° 6 pour orchestre
Ottorino Respighi, "Pini di Roma"
(concert donné le 29 mars au Konzerthaus de Freiburg)

5 juillet 2014, Théâtre de Cambrai
24e Festival Juventus
Alissa Margulis, violon
Nathan Braude, alto
Giorgi Gvantseladze, hautbois
Jakob Koranyi, violoncelle
Orchestre national de Lille
Max Bruch, Double concerto pour violon, alto et orchestre
Camille Saint-Saëns, Concerto pour violoncelle et orchestre n°1
Wolfgang Amadeus Mozart, Concerto pour hautbois
Piotr Ilitch Tchaïkovski, Variations sur un thème rococo, pour violoncelle et orchestre
Notes d'orchestre 22 02/07/2014 - 22:43:58
Strauss dirige…

On connaît les Dix commandements inscrits en 1925, par Richard Strauss, dans le livre d’or d’un jeune chef d’orchestre : 1. Souviens-toi que tu ne fais pas de la musique pour ton plaisir, mais pour celui de tes auditeurs. 2 Ne transpire pas en dirigeant, seul le public a le droit de s’échauffer. 3. Dirige Salomé et Elektra comme s’ils étaient de Mendelssohn : de la musique de fées… Dont les enregistrements réalisés sous la direction de Strauss lui-même et récemment réédités par Deutsche Grammophon semblent la démonstration. Pas un soupçon de graisse. Des options passées de mode, certes, telle celle qui consiste à réduire sensiblement le tempo pour le second thème, mais parfaitement réalisées. Sentiment d’une grande maîtrise, d’un art qui coule de source, d’une musique qui émane directement du compositeur, même lorsque celui-ci s’appelle Mozart ou Beethoven, sans posture interprétative qui viendrait s’interposer entre lui et nous.

Strauss dirige Strauss, Mozart (Symphonies 39, 40 & 41 ; ouverture de la Flûte enchantée), Beethoven (Symphonies 5 & 7). Aussi des ouvertures de Gluck, Weber, Wagner et Cornelius. De Wagner, un Prélude de Tristan qui s’enchaîne à la mort d’Isolde d’une façon différente de celle que l’on connaît et dont je n’ai pas (encore) identifié l’auteur. Strauss lui-même ?
pêle-mêle 1-2 02/07/2014 - 08:25:10
From New Jersey

1. Lorsqu’il est question de découverte en musique, plus particulièrement quand il s’agit d’interprétation, on pense à nouveau, jeune, prodige. Il arrive pourtant, la connaissance exhaustive du passé étant à peine moins inaccessible que celle de l’avenir, que l’on découvre de nouveaux interprètes dans le passé, nouveaux pour soi, en tout cas. J’ai ainsi découvert, ces jours derniers, un pianiste que je ne me souvenais pas avoir entendu, à la sonorité pleine, puissante sans être agressive, aussi formidable dans Schumann, Liszt ou Scriabine (dans d’autres aussi, je suppose, mais c’est dans ces trois-là que je l’ai entendu). Pianiste originaire du New Jersey, né en 1948, et qui aujourd’hui, vraisemblablement, serait au summum de son art, s’il n’était pas décédé en 1995, Joseph Villa.

2. Si, s’agissant de cinéma, ma préférence va à des films au style original, voire novateur, je peux aussi, exceptionnellement, trouver du plaisir à voir un film à la forme beaucoup plus classique, traditionnelle. Ainsi, Jersey Boys, de Clint Eastwood, qui m’a captivé de la 1ère à la 134e minute. D’abord pour sa réalisation précise et efficace, cette même qualité qui, entre autres, me fait apprécier le genre de comédie musicale dont ce film est inspiré.
French Poppies 02/07/2014 - 07:13:54


30 jours en juin (Lille aux environs de 7h) 30/06/2014 - 23:34:29















notes d'orchestre 21 29/06/2014 - 18:02:08
"modestie(s)"

Concert exceptionnel que celui donné en avril à Lucerne, par l’Orchestre du Festival, en hommage à Claudio Abbado. Avec, pour débuter, le premier mouvement de l’"Inachevée", sans chef. L’occasion de dire que le chef d’orchestre… Sauf que cet orchestre est constitué de solistes, chambristes, musiciens d’orchestre particulièrement expérimentés, qui pallient l’absence de chef donneur de départ, indicateur de tempos, au moyen d’une gestique un peu plus large que d’habitude. Qui ont par ailleurs déjà travaillé l’œuvre sous la direction de celui à qui ils rendent hommage, ayant ainsi résolu un certain nombre de points d’interprétation sur lesquels, laissés à eux-mêmes, il leur aurait été difficile de se mettre d’accord. Mission difficile s’agissant d’une symphonie de Schubert, carrément impossible, sinon en laissant en friche des pans importants de l’œuvre, s’agissant d’une musique plus complexe, requérant une centaine de musiciens.

Pas étonnant donc que la conclusion du concert, dernier mouvement de la Troisième Symphonie de Mahler, ait été dirigée, en l’occurrence par Andris Nelsons. Chef dont la position de sumo est à l’opposé de celle, toute d’élégance, d’un Carlos Kleiber ou d’un Claudio Abbado. Attitude toute entière dédiée à la transmission de la partition que le chef semble dérouler, d’éveil de la musique qui se fait devant nous, sans rien qui relèverait d’une séduction gratuite. Direction qui, malgré une apparence un peu frustre, suscite une gamme infinie de nuances, sans jamais perdre la ligne. Bonheur de la musique de chambre à 100, sourire rappelant celui de Kleiber, chef avec lequel Andris Nelsons partage aussi cette modestie face à la musique, évoquée à propos de Claudio Abbado.
notes d'orchestre 20 29/06/2014 - 11:54:21
Les concours musicaux, souvent, suscitent des questions que l’on peut résumer à celle de l’adéquation de leur fonctionnement à leur raison d’être. Parasités par des considérations extra-musicales, qui affectent la composition du jury, la sélection des candidats ou l’attribution des prix, la plupart ne parviennent que rarement à révéler des talents nouveaux. Il suffit de parcourir le palmarès de leurs éditions passées pour constater que beaucoup de ceux qu’ils primèrent ont ensuite disparu de la scène musicale, et soupçonner que ceux qui firent une carrière l’auraient faite sans ces concours.

J’étais samedi à Paris, Salle Pleyel, pour la finale du Concours de chefs d’orchestre Evgeny Svetlanov. Qui, s’il n’échappe pas à ces dysfonctionnements, m’a surtout intéressé pour les réflexions qu’il a activées quant à la musique, l’orchestre, le chef d’orchestre, sa fonction... Pour résumer, le chef est celui qui, par sa personnalité, son savoir-faire, convainc musiciens et spectateurs de la pertinence de sa vision de l’œuvre musicale, qui contribue à sa réalisation et à sa perception. Qui donne un cadre, un mouvement à la musique, dans lequel elle s’épanouit, acquiert un caractère d’évidence. Qui en particulier sensibilise les musiciens aux problèmes à résoudre et leur apporte le soutien technique dont ils ont besoin pour cela.

Quatre candidats s’affrontaient Salle Pleyel. Samuel Burstin, qui m’a gêné par une attitude un rien prétentieuse, expliquant le premier mouvement de la Cinquième Symphonie de Beethoven, et une incapacité à en réaliser le rythme. Mihhail Gerts m’a complètement convaincu par son sens du tempo, à la fois souple et rigoureux, et sa maîtrise de la forme, en l’occurrence celle de la Cinquième de Sibelius. Kalle Kuusava m’a laissé sur ma faim par une approche frustre, manquant de clarté, d’articulation, d’une musique dont a priori il est proche, celle de la Deuxième de Sibelius. Lio Kuokman, enfin, m’est apparu beaucoup plus convaincant, dans la Quatrième de Tchaïkovski, partageant avec Mihhail Geerts un sens de la forme, de l’articulation des tempos, mais se perdant un peu dans un travail plus formel que vraiment nécessaire.

Résultat ? Pas de premier prix, le second à Lio Kuokman, le troisième à Samuel Burstin, et rien à Mihhail Gerts. Vous avez dit concours ?
notes d'orchestre 19 28/06/2014 - 08:31:24
[EN COURS]
Kootchy Kooties 23/06/2014 - 19:13:37
Vietnam fragment

"ces cinglés de Kootchy Kooties […] se faufilaient à plat ventre dans des trous obscurs de la terre, un pistolet dans une main, leurs couilles dans l’autre, une lampe torche entre les dents, un peu partout dans la région de Cu Chi. "Kootchy Kooties" était un nom inventé de toutes pièces, un nom fabuleux. Comme les soldats d’Echo Recon, ils n’avaient aucun surnom flamboyant, mais à cause de leur proximité avec Cao Phuc ils ne pouvaient éviter l’appellation idiote et de mauvais augure de Cowfuckers (Baiseurs de vaches). Ils refusaient même de l’écrire sur quoi que ce soit, parce que c’était un gros mot." (Denis Johnson, Arbre de fumée)
notes d'orchestre 18 22/06/2014 - 09:02:25
une semaine au fil de la musique

Ce n’est pas la première fois, loin de là, que j’assiste à un enregistrement. Mais je demeure fasciné par cette lente quête de la perfection, où chaque passage est enregistré, réenregistré, jusqu’à ce que, satisfait du résultat, on passe au suivant, jusqu’à ce qu’on ait tout, qu’il faudra ensuite monter. Admiratif, aussi, devant la capacité du directeur artistique, à repérer le moindre problème, et, toujours psychologue, à suggérer, convaincre, obtenir des musiciens le meilleur d’eux-mêmes.*

20 juin, la musique n’est pas à la fête sur le service public. Fourre-tout sans queue ni tête de tubes plus ou moins éculés, de gloires passées et de valeurs sûres, placées dans des conditions, plein air, sonorisation, dont peu sortent indemnes… Bref, le niveau zéro de la programmation. Comme s’il fallait nécessairement en passer par là pour toucher un large public. Comme si on n’avait pas les moyens, à notre époque de communication galopante, d’amener ce même public à une musique autrement plus enrichissante.

21 juin, aboutissement d’un autre de ces projets que nous avons portés durant des mois, rencontre d’un ensemble de musiciens issus de l’Orchestre national de Lille, de collégiens produisant des sons inouïs au moyen de divers objets de leur environnement naturel et quotidien, et des cinq musiciens du Cabaret contemporain. Trois univers qui, le temps d’une création, se mêlent jusqu’à n’en faire plus qu’un. Pour un public tout aussi mélangé, où les non-connaisseurs sont majorité. Et qu’importe la participation non écrite de quelques enfants en bas âge.

Trois jours plus tôt, à Birmingham, Andris Nelsons dirige la Symphonia Domestica de Richard Strauss. Portant la musique – tempi larges, où tout prend une dimension extraordinaire – jusqu’à ce point d’équilibre au-delà duquel la restitution pleine et entière de la musique verserait dans l’arbitraire de l’interprétation. Me rappelant Kleiber, Celibidache à l’apogée de ses moyens, et quelques autres aussi.


* enregistrement de Britten, Diversions et Korngold, Concerto pour piano par Nicolas Stavy, Orchestre national de Lille, direction Paul Polivnick, direction artistique Arnaud Moral.
notes d'orchestre 17 16/06/2014 - 07:04:48
Tranches de piano
jour 1, 13 juin

Lille, Auditorium du Nouveau Siècle, début de journée. La générale des deux concerts symphoniques du jour débute avec Britten, Diversions. J’ai entendu l’œuvre, bien sûr, mais jamais ainsi, en direct. Et une nouvelle fois je suis surpris par un Britten au son symphonique ample, puissant, efficace et inspiré, un Britten qui sonne et se teinte d’émotion. Au piano Nicolas Stavy, dans la salle David Kadouch et Nathalia Romanenko, qui répéteront après lui. Sympathique, ces artistes qui profitent du festival pour s’écouter les uns les autres.

À Britten succède Ullmann, Concerto pour piano*. Autre musique dont je n’avais jusqu’à présent entendu que des enregistrements. Musique qui fait penser à d’autres composées du côté de Prague à la veille de la Seconde Guerre mondiale, tout en faisant entendre une voix propre, qui justifie amplement que l’on programme ce concerto, au-delà du juste hommage rendu à son compositeur, assassiné par les nazis à l’âge de 46 ans. Britten, Ullmann, Ravel, Chopin, l’occasion de constater que si l’orchestre est le même, il sonne différemment d’un concerto à l’autre. Question d’écriture, bien sûr, d’instrumentation, mais aussi de direction, puisque trois chefs d’orchestre se succèdent au pupitre.

Début d’après-midi, générale de Brundibar. Puis, au Conservatoire, masterclasse de Jean-Marc Luisada pour trois pianistes du Pôle Supérieur. Où il est question des tabourets de toutes les salles de concerts du monde, dont il faudrait couper les pieds. De doigtés, qui "changent la vie d’une œuvre". De partitions, en particulier celles de Michelangeli, "de vrais graffitis, comme le métro de New York". De Chopin, "compliqué, comme gars". Des pianistes qui doivent orchestrer le piano, alors que "bêtement" ils ne pensent qu’aux octaves, aux trilles. Du chef d’orchestre qui fait tout entendre, Carlos Kleiber, de sa Quatrième de Brahms. Du "passé qu’on ne reverra jamais."

Fin d’après-midi, autre métro, celui de Lille, station République, où Fabrice Castelain officie depuis près de deux heures, sans interruption. Décrochant ainsi le record du pianiste du festival qui aura touché le plus grand nombre d’auditeurs, usagers du métro. Je passe ensuite à la Gare Saint-Sauveur, où l’on se prépare à la battle. Reviens au Nouveau Siècle, pour le premier concert symphonique, le premier récital de jazz. Repars au Conservatoire, premier récital. Reviens au Nouveau Siècle, second concert symphonique. Repars au Conservatoire, début des Variations Goldberg par Dan Tepfer, heureux de constater qu’un important public s’est déplacé pour ce concert, malgré l’horaire tardif, 22h. Retourne une dernière fois à la Gare Saint-Sauveur, fin de la battle**, succès à la mesure de l’investissement des pianistes, de l’arbitre, et de toux ceux qui ont contribué à la réalisation de ce concert pas comme les autres.
Plutôt rassuré, les choses sont bien parties.


jour 2, 14 juin

Début de journée au Nouveau Siècle, répétition, Korngold, Concerto pour piano. Moins convaincant que celui de Britten. Matière intéressante, séduisante, mais les choses tournent un peu en rond. Question du jour, ou au moins de ce début de journée : pleuvra, pleuvra pas ? Un peu de pluie, peut-être, incitera les indécis à aller au concert plutôt que se promener. Aussi, elle videra la rue des piétons qui l’encombrent, et gênent ma progression vers le Conservatoire. Mais le vélo quand il pleut… Pas simple ! Au Conservatoire, Florent Boffard s’attaque à un sujet qui continue d’effrayer le grand public, Schoenberg. Usant de la caution de Bach, et d’un talent de pédagogue qui me rappelle celui de Pierre Boulez. Retour au Nouveau Siècle, où on en est à Rachmaninov, ou presque. Car on ne trouve pas le soliste. Quelques minutes d’inquiétude, d’énervement, mais il arrive, et les choses reprennent leur cours.

Saut au Théâtre du Nord, où dans quelques instants Igor Tchetuev jouera la première des Sonates de guerre de Prokofiev. Mais c’est avec la 12e, "Marche funèbre", de Beethoven qu’il débute son récital. Retour au Nouveau Siècle, où nous accueillons Marek Halter, venu nous parler de "Terezin ou la musique contre la barbarie". N’assistant qu’au début et à la fin de sa prestation, je rate l’évocation de Terezin mais entends néanmoins l’illustre conférencier parler de ce que devient une musique après la mort de son compositeur, de l’importance de savoir pour savoir où l’on va, de l’influence sur la perception de la musique de la connaissance que l’on a des conditions de sa création, de la jouissance éprouvée en voyant jaillir des mots que l’on n’avait pas prévus, du bien et du mal, dont tous ont le sens, même les pires criminels, de l’utilité qu’il y a donc à parler à ceux-ci.

Tendant de plus en plus à l’ubiquité, je me multiplie en ce début d’après-midi, suis à Saint-Sauveur pour la carte blanche aux conservatoires et écoles de musique, au Nouveau Siècle pour Brundibar, au Théâtre du Nord pour le récital d’Adam Laloum. Très belle Septième Sonate de Prokofiev, la seule de mes "musiques préférées" – catégorie à laquelle appartiennent aussi les Goldberg ou la dernière sonate de Schubert – que j’aurai entendue cette année. Beau piano, belle interprétation, convaincante, Adam Laloum évite, dans le dernier mouvement, l’excès de vitesse auquel se laissent aller la plupart de ses collègues, et l’emporte ainsi sur eux.

Au Conservatoire, Martin Kasik est accompagné du hautboïste Vilém Veverka, pour un programme d’anthologie, Britten, Sant-Saëns, Poulenc... Beau piano, plein, puissant, coloré, qui ferait presque de l’ombre à un hautbois pourtant corsé. Retour au Nouveau Siècle, coup d’oreille à Kirk Lightsey, puis c’est le Ravel, Gaspard de la nuit, Concerto pour la main gauche, d’Abdel Rahman El Bacha. Maître-sourcier, qui suscite des couleurs inouïes dans une musique qui a pourtant vu passer des légions de colorieurs, et déclenche finalement un geyser tout aussi impressionnant que les forces obscures que ses collègues pianistes ont l’habitude d’invoquer ici.

Première partie de soirée à Saint-Sauveur, avec un ciné-concert original, images d’archives de la Première Guerre mondiale montées sur l’"Héroïque", version Liszt. Aboutissement de mois d’échanges, de discussions, de rencontres, comme la plupart des programmes présentés dans le cadre du festival. Rien, ou presque, qui ait été choisi sur catalogue. Interprétation large, puissante de Guillaume Vincent. Qui déborde du cadre strict, va au-delà d’une synchronisation parfaite des événements sonores et visuels, sans affaiblir la force du propos. Il y a, entre le ciné-concert traditionnel et, disons, ce que produisaient Cage et Cunningham, tout un éventail de rencontres possibles entre le sonore et le visuel.
Seconde partie de soirée au Palais des Beaux-Arts, nouvel épisode d’une belle collaboration, adéquation inespérée du son produit par Vanessa Wagner & Murcof, et du cadre monumental mis en couleur. Fin de la seconde journée.
Fatigué.


jour 3, 15 juin

À l’aube, ou presque, n’exagérons pas, nous sommes en juin, tôt, néanmoins, au Nouveau Siècle, où je salue les musiciens de l’Amazing Keystone Big Band. Puis je file au Conservatoire. Où Jean-Efflam Bavouzet et quelques-uns des tout meilleurs instrumentistes à vent et cornistes actuels restituent Beethoven et Magnard avec une rare perfection (qualité, cohérence sonore, pertinence, évidence des phrasés, tempos), le genre d’exécution qui réduit à néant la question de l’interprétation. La musique n’a pas être interprétée, mais réalisée.

Puis les choses s’accélèrent, un peu de jazz au Nouveau Siècle, beaucoup de Debussy, par Michel Beroff au Théâtre du Nord, par Denis Pascal & Renan Carteaux à Saint-Sauveur, par Wilhem Latchoumia au Nouveau Siècle, et, intercalé, la fin de la 32e Sonate de Beethoven par François-Frédéric Guy et le début des Études de Chopin par Mu-Ye Wu. Sans oublier Maxime Zecchini, qui pousse un peu plus loin l’exploration du répertoire, versant piano seul, de Paul Wittgenstein, Cyprien Katsaris, qui conjugue harmonieusement ses talents de conteur et de pianiste, et Aline Piboule, interprète convaincante de la 15e Sonate, "de guerre", d’Olivier Greif. Ubiquité atteinte ?

Fin du festival, mission accomplie. Le temps du festival exige de chacun qu’il s’y donne pleinement, en échange du sentiment d’une vie plus belle, intense, réussie. Il montre, mieux encore que le temps ordinaire d’une saison, qu’il n’y a, particulièrement dans le domaine du spectacle vivant, d’acte artistique que par la conjonction des énergies, des volontés, des talents d’artistes, certes, mais aussi de tous ceux qui les entourent et rendent possible leur prestation, sans oublier les spectateurs.
Fourbu, mais heureux.


Lille Piano(s) Festival
13-15 juin 2014

entre autres écouté, vu, au moins partiellement :
. Masterclass de Jean-Marc Luisada
. piano métro / Fabrice Castelain
. Benjamin Britten, Diversions / Nicolas Stavy, Orchestre national de Lille, direction Paul Polivnick
. Jean-Sébastien Bach / Dan Tepfer, Variations Goldberg
. Play again – La battle ! / Auxane Cartigny vs Simon Fache, piano ; arbitré par Emmanuel Leroy**
. Jean-Sébastien Bach, Arnold Schœnberg, récital commenté de Florent Boffard
. Ludwig van Beethoven / Igor Tchetuev
. "Terezin ou la musique contre la barbarie", conférence de Marek Halter
. Cartes blanches aux élèves pianistes des conservatoires et écoles de musique de la région
. Serge Prokofiev / Adam Laloum
. Benjamin Britten, Camille Saint-Saëns, Klement Slavicky, Francis Poulenc & Pavel Haas / Martin Kasík, piano & Vilém Verveka, hautbois
. Viktor Ullmann, Concerto pour piano / Nathalia Romanenko, Orchestre national de Lille, direction Joachim Jousse*
. Maurice Ravel, Gaspard de la nuit, Concerto pour la main gauche / Abdel Rahman El Bacha, Orchestre national de Lille, direction Jean-Claude Casadesus
. Ludwig van Beethoven / Franz Liszt, Symphonie n° 3, "Héroïque" / Guillaume Vincent, sur des images de le Première Guerre mondiale, montées par Baptiste Évrard
. Claude Debussy, John Cage, John Adams, Györg Ligeti, Arvo Pärt, Érik Satie, Philip Glass, Morton Feldman, Maurice Ravel / Vanessa Wagner & Murcof
. Ludwig van Beethoven & Albéric Magnard / Jean-Efflam Bavouzet, Philippe Bernold, Olivier Doise, Philippe Berrod, Julien Hardy & Hervé Joulain
. Claude Debussy / Michel Beroff
. Lettres à Chouchou / Denis Pascal & Renan Carteaux
. Beethoven / François-Frédéric Guy
. Frédéric Chopin / Mu-Ye Wu
. Claude Debussy / Wilhem Latchoumia
. Jean-Sébastien Bach/Charles Gounod/Paul Wittgenstein, Richard Wagner/Franz Liszt/Paul Wittgenstein, Erwin Schulhoff/Maxime Zecchini
. programme-surprise / Cyprien Katsaris
. Olivier Greif / Aline Piboule
. Erich Wolfgang Korngold, Concerto pour piano / Nicolas Stavy, Orchestre national de Lille, direction Paul Polivnick

revoir :
* Viktor Ullmann, Concerto pour piano / Nathalia Romanenko, Orchestre national de Lille, direction Joachim Jousse ; Maurice Ravel, Gaspard de la nuit, Concerto pour la main gauche / Abdel Rahman El Bacha, Orchestre national de Lille, direction Jean-Claude Casadesus :
http://youtu.be/SHkY9XuxSpA
** Play again – La battle ! / Auxane Cartigny vs Simon Fache, piano ; arbitré par Emmanuel Leroy :
www.onlille-playagain.org
Frédéric Chopin, Concerto n° 2 / David Kadouch, Orchestre national de Lille, direction Jean-Claude Casadesus :
https://www.youtube.com/watch?v=mdiNwFYzVXI
notes d'orchestre 16 12/06/2014 - 08:01:20
vieux messieurs

Hier dans un restaurant de Lille, deux jeunes femmes effeuillent en mangeant le programme de leurs prochaines vacances au Canada. Qui tel un feu d’artifices, déclenche leurs exclamations. Les chutes du Niagara, le parc de Montréal, les baleines… Un monsieur plus âgé, assis à l’écart, entrerait bien dans leur conversation, parlerait du Mont-Royal, de Tadoussac… Mais il ne dit rien, se contente de les écouter discrètement, pense au beau voyage qu’elles s’apprêtent à faire. Pense aux pays, nombreux, qu’il a déjà visités, et aux autres, plus nombreux encore, qu’il compte bien ajouter à son tableau.

Un monsieur très âgé, assis sur une chaise haute, bras gauche replié, planté dans la cuisse. Agite l’autre bras d’une façon raide, mécanique, toute son attitude reflétant une sorte d'embarras. Contrastant avec la musique que l’on entend, langoureuse, sensuelle. L’un des trois bouts de films qui illustrent un documentaire, par ailleurs bien académique, diffusé hier soir sur Arte, et nous montrent Richard Strauss, en l’occurrence dirigeant l’une des valses du Chevalier à la rose. Autre mystère de la musique, que cette capacité à déclencher des torrents d’émotions en en manifestant aucune, juste au moyen d’une technique réduite à l’essentiel. Exemple qu’un Karl Böhm reprendra à son compte.
notes d'orchestre 15 10/06/2014 - 07:04:18
Callas ? ou Tebaldi ?

Écouter, réécouter, quand même. J’ai cédé à la tentation, emprunté le coffret de 15 cds exposé chez l’un de mes fournisseurs habituels, et commencé à (ré)écouter Puccini. Tous ses opéras de Manon Lescaut à Turandot, par Renata Tebaldi, Carlo Bergonzi, Marie del Monaco et quelques autres. Pièce importante s’agissant de la question de l’interprète, de son rapport au compositeur, que j’évoquais récemment en citant Valery Gergiev, affirmant la primauté du compositeur sur le chef d’orchestre, celui-ci n’étant, selon Gergiev, qu’un intermédiaire. Callas ou Tebaldi ? ancienne querelle des partisans de l'une contre ceux de l'autre. Le compositeur ou l'interprète ? L’une, Tebaldi, nous donnant à entendre la musique, l’autre, Callas, elle-même interprétant cette musique. Je préfère de loin la première attitude à la seconde.
Panorama 16 / 1 08/06/2014 - 23:42:50














(Le Fresnoy, Panorama 16)
J - 5 08/06/2014 - 23:04:11
notes d'orchestre 14 08/06/2014 - 11:53:05
programmer

Écouter, réécouter, rarement, pas le temps, trop de choses à écouter. Aussi parce que pour moi, le plaisir de la découverte, déformation professionnelle, de la bonne surprise, si rare, est plus fort que celui de la répétition, qu’elle soit à l’identique, ou enrichie d’un élément qui donne une dimension nouvelle à l’original.

Récemment on m’a remis, afin que je les écoute, trois cds de la musique d’un compositeur et chef d’orchestre roumain dont j’ignorais tout jusque-là, et dont je ne sais toujours pas grand-chose, internet étant exceptionnellement discret à son sujet : Remus Georgescu. Né en 1932, à Timisoara, où il semble avoir exercé l’essentiel de sa carrière, tout en se produisant ailleurs. Pas d’autre accroche, donc, que la musique, sinon, qui n’aurait pas suffi à attirer mon attention, son appartenance à un pays où je me suis rendu récemment, et pour lequel mon intérêt est donc plus fort que pour un autre pays, la Roumanie.

La musique, en tout cas, celle que j’ai pu écouter ? oratorios, symphonies, psaumes et autres suites. Faisant appel à des chœurs, des récitants, des chanteurs, des solistes instrumentaux. Une musique intense, dramatique, dont l’expressionnisme m’a fait penser à celui du premier Penderecki. Qui m’a aussi fait penser, mais de façon beaucoup plus ponctuelle, à Bartók (vocalité, racines populaires), à Carl Orff (motricité), et quelques autres. Ceci dit pour situer la musique, non pour en relativiser l’intérêt, encore moins pour expliquer ce qui en elle a accroché mon attention, ou pourquoi on la connaît infiniment moins que celle d’un Penderecki, à laquelle elle me semble supérieure. Une réponse à cette dernière question en dirait long, vraisemblablement, sur la musique, la carrière, et le rapport de l’une à l’autre.


J’ajouterais à ce que je disais précédemment des saisons, que la plus intéressante de toutes celles que j’ai parcourues récemment, est certainement celle du Concertgebouw de Bruges, qui propose à la fois de la musique et de la danse, Diversité, qualité des propositions, inventivité de thématiques qui suscitent la curiosité, l’envie…
notes d'orchestre 13 05/06/2014 - 07:21:44
Assisté à la répétition générale de la Cinquième Symphonie de Bruckner, une autre de ces musiques auxquelles me lie une histoire certes intermittente, je ne les écoute pas tous les jours, mais que je retrouve, vivantes, chaque fois que je les réécoute. Tellement miennes que si elles ont évidemment perdu toute capacité de me surprendre, à chaque moment de leur déroulement je sais ce qui va venir ensuite, je les vis pleinement de la première à la dernière note, en apprécie chaque couleur, nuance émotionnelle. Du rythme processionnel des basses, d’où émerge le choral des cordes aigues, jusqu’à la conclusion triomphale de l’œuvre, en passant par maints passages remarquables, dont un qui, pour moi seulement, peut-être, se teinte d'une certaine nostalgie : à une dizaine de minutes du commencement, pizzicatos des flûtes, hautbois et clarinettes sur motif en expansion des violons.

Toujours étonné que l’on puisse paresseusement recourir, lorsqu’il s’agit de vendre des produits culturels, aux mêmes expressions hyperboliques éculées, "enfin disponible en numérique, l’enregistrement mythique, unanimement salué par la critique, bla-bla-bla". Et là je lis "hommage", enregistrement d’un jeune pianiste en hommage à l’un de ses grands prédécesseurs, comme s’il s’agissait vraiment d’un hommage, "exprimant le respect, l'admiration, la reconnaissance de quelqu'un", et non d’une tentative de détourner sur soi un peu de la renommée dont jouit l’autre.

Lu dans le numéro de Classica de ce mois (n° 163, juin 2014), une interview de Valery Gergiev par Bertrand Dernoncourt. Souligné ceci : "On oublie très facilement que ce ne sont pas les chefs qui font progresser un orchestre, mais les compositeurs. Les chefs ne sont que des intermédiaires." Où, venant de celui que l’on présente, pour la place qu’il occupe dans le monde musical d’aujourd’hui, comme l’héritier de Karajan, beaucoup verront la manifestation d’une grande hypocrisie, mais où, personnellement, j’entends surtout ce qui distingue Gergiev de la plupart de ses collègues : un rapport beaucoup plus sain, "normal" à la musique.
notes d'orchestre 12 02/06/2014 - 00:19:59
de la musique

Plus que le contenu des images, des citations, c’est leur agencement qui fait sens dans le dernier film de Godard, Adieu au langage, vu le week-end dernier. Morceaux choisis de la réalité, de la pensée, assemblés, avec pour seuls critères, ceux d’une sensibilité aiguisée au long de toute une vie. Pas un adieu au langage, donc, mais plutôt quelque chose comme la transsubstantiation aboutie d'un langage ordinaire en un langage autre, celui de l’art, de la musique.
notes d'orchestre 11 01/06/2014 - 12:01:10
texte et musique

Séance de rattrapage, avec la diffusion sur France 3 d’un spectacle enregistré à la Monnaie, Médée de Cherubini, mis en scène par Krzysztof Warlikowski.

Spectacle dont il m’a semblé qu’il reflétait un dysfonctionnement récurrent de notre société, dont l’actualité récente nous donne de nombreux exemples. Tous caractérisés par notre incapacité à traiter une question, parce que nous ne la traitons que partiellement, à mener un projet à bien, parce que pour diverses raisons nous considérons comme acquis certains de ses aspects, alors qu’ils auraient besoin, comme les autres, d’être remis en question, revisités, recréés.

Rien de spécifique au spectacle en question, juste cette dichotomie que l’on rencontre dans la plupart des spectacles d’opéra aujourd’hui, entre une réalisation théâtrale séduisante, provocante, stimulante, et une réalisation musicale conservatrice, grevée par une approche du chant dont on se demande pourquoi on l’accepte encore aujourd’hui. Voix trop lourdes, manquant de la souplesse nécessaire pour rendre justice aux subtilités de la musique, quand il ne s’agit pas, tout simplement, de justesse. Chanteurs tombant dans le ridicule dès qu’ils ont à dire un texte. Alors qu’en d’autres domaines, tel celui de la comédie musicale anglo-saxonne, ces questions sont traitées d’une façon infiniment plus satisfaisante. À quand, aussi à l’opéra, des chanteurs capables de restituer pleinement texte et musique, ni plus, ni moins ?
notes d'orchestre 10 01/06/2014 - 08:49:25
de Roumanie



Les répétitions avaient été décourageantes, les musiciens faisaient à Léon l’effet d’une bande d’imposteurs juvéniles, de petits monstres en jeans, ricanant de façon hystérique pour exaspérer le professeur. L’ancienne Philharmonie, les instruments sacrés au service de la transcendance, avaient disparu au royaume de la transcendance, refusant la postérité. Mais d’un seul coup, miracle !... Les fracs et les robes noirs ont radicalement transformé l’orchestre. L’uniforme, n’est-ce pas, peut aussi faire des merveilles, pas seulement des ravages.*

aussi :

si nous ne nous évadons pas, c’est parce que nous ne quittons pas des yeux le plancher, notre vie au jour le jour.**
Il n’aurait jamais le temps de décrire… tout ce qui existait au monde ? Non, bien entendu, mais même pas tout ce qui trouvait dans sa chambre. Certains enfants de son âge s’endormaient encore avec leur doudou et le croyaient sensible comme un être vivant. Lui, c’est de tous les objets qu’il avait pitié, ils étaient tous des doudous à personne, condamnés à une terrible solitude. Voilà pourquoi il regardait autant les outils rouillés dans la boîte oubliée sur le balcon, les taches au plafond, les prises et les tringles, les clous tordus dans le cagibi. Puisqu’ils existent, se disait-il, il faut bien que quelqu’un les aime. Mais qui va aimer, ou simplement remarquer, une prise en ébonite cachée derrière l’armoire ?**
les Anciens conseillaient de rien désirer trop ardemment, de peur de l’obtenir*

* Norman Manea, Le retour du hooligan, Une vie (page 356, 380)
** Mircea Cărtărescu, L’œil en feu (page 314, 372)
notes d'orchestre 9 29/05/2014 - 07:33:00
revu sur Arte le documentaire que Eric Schulz a consacré à Carlos Kleiber. Quelques moments exceptionnels, tel celui où on voit le chef en fosse, capté par une caméra de contrôle, dirigeant la Mort d'Isolde.
Glané quelques phrases :
"Carlos Kleiber était un dictateur, mais un dictateur chaleureux et humain."
"Toute sa gestuelle était pure musique."
"Il disait qu’il ne fallait pas laisser de traces de sa vie."
"Il y avait quelque chose en lui qui était en deçà de son génie, et ça me désespérait."
"Il n’aimait pas la mort. Il ne supportait pas que les gens meurent."
notes d'orchestre 8 28/05/2014 - 00:57:21
saisons en fleurs

Il y avait autrefois l'automne, la saison des souscriptions, où paraissaient des dizaines, centaines de coffrets discographiques dont l’annonce nous mettait la musique aux oreilles.
Il y a le printemps des saisons, avalanche de documents déboulant de tous les théâtres, orchestres, opéras et autres structures programmantes.
Les saisons attendues, celles dont on se régale d’avance et sur lesquelles on se précipite, parce que, d’expérience, on les sait curieuses, inventives, intelligentes, bref, à l’image de ce vers quoi on tend. Et toutes les autres, que l’on parcourt rapidement, dans l’espoir d’agrandir le cercle des premières, et qui pour la plupart attendront qu’on ait le temps de les regarder en détail, souvent jusqu’à la saison suivante, qui les poussera vers la poubelle.
notes d'orchestres 7 28/05/2014 - 00:53:24
pensé

Passé à la répétition.
Pensé à cette utopie d’une entreprise qui aurait pour raison d’être l’art, la musique, l’émotion, le partage de l’émotion.
Pensé au chef, qui fait jouer, sans jouer lui-même, mais qui, lorsqu’il se met à jouer...
Pensé à la correspondance qui existe, souvent, entre ce qu’on voit et ce qu’on entend, indépendamment du conditionnement de l’œil par l’oreille, de l'oreille par l’œil.
notes d'orchestre 6 26/05/2014 - 00:17:31
gouttes de son

1.
outre de sons, trouée

2.
numéro de Géo abandonné
spécial "aurores boréales"

3.
pluie sur la vaisselle étalée
fumée, dissolution, puis rien
bleu de la troisième de couverture
hommage au compositeur nonagénaire

4.
succession de groupes, en plusieurs défilés
pochette d’un disque de Villa-Lobos
quelque chose de Messiaen, aussi
joie du public, et des musiciens

Saarbrücken, Congresshaus, 25 mai 2014, 11h.
Saarbrücken, 24-25 mai 2014. 26/05/2014 - 00:16:54
Profité de quelques heures de liberté entre la fin du concert, but de mon déplacement à Saarbrücken, et le départ de mon train, pour aller jusqu'au musée d'art moderne (Saarlandmuseum, Moderne Galerie) et à Völklinger Hütte, site industriel reconverti en lieu culturel. Découvert dans le premier un peintre, Frank Badur, dont je développerai plus tard les raisons pour lesquelles il a attiré mon attention. Raisons liées à cette pensée de Konrad Fiedler, que l'on trouve dans le catalogue :

"Wir mögen wohl einsehen, daß das Auge nicht nur dazu da ist, um uns die Bilder von außer uns vorhandenen Dingen vorzuführen, sondern daß mit dem Akte der Gesichtswahrmehmung etwas in uns zur Enstehung kommt, was einer selbstständigen Entwickelung durch fähig is..."

Parcouru dans le second Génération Pop!, une exposition consacrée à l'histoire de la Pop, des années cinquante à nos jours. Première étape, le Rock'n Roll, dont le premier événement marquant est, le 12 avril 1954, l'enregistrement par Bill Haley de Round around the clock. Le 12 avril 1954 ! Je suis né le même jour que le Rock'n Roll. Quant à dire que l'histoire de la Pop, c'est un peu mon histoire...



1


2


3

1. Saarlandmuseum, Moderne Galerie
2. Völklinger Hütte
3. Frank Badur, Ohne Titel, 1994.
notes d'orchestre 5 23/05/2014 - 07:28:47
une bonne glace

Le public aussi joue sa partition, qui varie d’un genre de concert à un autre, le public lui-même étant différent.

Le public du ciné-concert applaudit entre les mouvements d’une suite. Ce qui en soi n’est pas répréhensible, ne pas applaudir durant la musique – hormis les rares cas où c’est l’intensité de l’interprétation qui l’impose – étant une affaire de convention, d’époque, qui en dit long sur le rapport de l’artiste et du spectateur, son évolution. Le public du ciné-concert, moins connaisseur que celui qui fréquente habituellement les salles de concert, ignore aussi que lorsque la musique fait silence, c’est à lui de jouer, en usant pour cela du moyen le plus efficace dont il dispose, qui est encore de tousser. Le public du ciné-concert, une fois le concert achevé, se lève, non pas pour se diriger vers la sortie, mais pour applaudir. Le public du ciné-concert a appris sa partition en regardant la télévision, standing ovation !

Le public du ciné-concert, finalement, réagit à la musique, en l’occurrence celle, efficace, d’un John Williams, comme le public de la musique contemporaine. Celui, en tout cas, dont parle Mozart dans une lettre à son père, datée du 3 juillet 1778 : "au milieu du premier Allegro, il y a tout de suite un passage qui, je le savais bien, devait plaire ; tous les auditeurs furent enthousiasmés – il y eut un grand applaudissement –, mais comme je savais, en l’écrivant, quel effet il produirait, je l’avais réintroduit à la fin – cela recommença da capo. L’Andante plut également, mais surtout le dernier Allegro. – Comme j’avais entendu qu’ici tous les derniers Allegro commencent, comme les premiers, avec tous les instruments ensemble, et généralement unisono, je le fis commencer piano avec les 2 violons seuls, sur 8 mesures uniquement – puis vint tout de suite un forte de sorte que les auditeurs (comme je m’y attendais) firent ch- au moment du piano –, puis suivit immédiatement le forte –, entendre le forte et applaudir ne fit qu’un. – Après la symphonie, je me rendis tout joyeux au Palais Royal –, pris une bonne glace –, dis le chapelet que j’avais promis – et rentrai à la maison."
notes d’orchestres 4 22/05/2014 - 18:00:50
Parcouru le programme de la Philharmonie de Paris, sans a priori. Y ai trouvé à la fois tout et rien. Un pantagruélique fourre-tout, mais pas une idée nouvelle. Rien d’autre que ce qui se faisait déjà à Pleyel ou à la Cité de la musique à la fin du siècle dernier, multiplié par deux ou trois. Ce qui entraînera une multiplication proportionnelle du nombre de spectateurs ? résoudra tous les problèmes affectant aujourd’hui le spectacle vivant ?? Quid de l’innovation, de la culture d’aujourd’hui, de demain ? qui ne soit pas simple avatar, alibi de la société de consommation, mais ferment de liberté, libération, une culture qui nous fasse avancer ?
notes d’orchestres 3 21/05/2014 - 22:49:20
Paroles et musique, ou musique, le débat, vieux de quelques siècles, toujours d’actualité à l’opéra, a gagné d’autres territoires, qui ont émergé plus récemment.

Samedi déjà, lors du ciné-concert Pirates des Caraïbes auquel j’ai fait allusion précédemment, un niveau trop élevé de la musique avait à plusieurs reprises fait perdre pied aux paroles, compromettant leur compréhension. Hier, lors de la première du Balcon au Théâtre de l’Athénée, exception faite du rôle d’Irma, tenu par un chanteur exceptionnellement sensible à la diction, de passages où le compositeur a fait parler plutôt que chanter ses interprètes, de quelques autres, aussi, reconnus grâce à une rapide révision du texte avant ma venue au théâtre, c’est une bonne partie du texte qui était incompréhensible. Un problème récurrent à l’opéra, où le plus souvent on ne comprend rien ou presque au texte. Alors qu’à de rares exceptions près, la perception immédiate du texte est indispensable à une bonne appropriation de l’œuvre, sa lecture, simultanée ou préalable, ne constituant qu’un substitut imparfait à cette perception et gênant cette appropriation. La faute aux chanteurs lyriques, dont l’apprentissage, la culture privilégient trop les qualités purement musicales, vocales, au détriment de celles qui permettraient une bonne perception du texte. La faute aux compositeurs, aussi, qui échouent à équilibrer musique et paroles, et laissent à leurs interprètes le soin de corriger cet équilibre. Ce à quoi devrait aider le recours aux technologies modernes ? La perception du texte étant particulièrement cruciale dans un opéra comme celui de Peter Eötvös, tiré du texte de Jean Genet, dont on se demande quelle aurait été sa réaction face à tel opéra.

Autre question réactivée par cette musique, celle de la complexité. Il m’a souvent semblé que le "problème" de la musique contemporaine était une fuite exponentielle des compositeurs vers toujours plus de complexité. Problème qui aurait pu se résoudre grâce à l’évolution de nos capacités cognitives. Mais en ce domaine comme en d’autres, en particulier liés au développement des nouvelles technologies, nous n’avons pas rattrapé notre retard, au contraire. Nos capacités tendent à s’élargir plus qu’à s’approfondir, nous permettant de mener de plus en plus d’actions simultanément, mais des actions de moins en moins complexes, ou réalisées de plus en plus partiellement. La musique contemporaine demeure contemporaine, qu’elle ait été composée il y a quelques dizaines d’années, ou plus récemment, telle celle de Peter Eötvös. Trop d’événements, trop brefs, pour qu’on puisse se les approprier. Et ce quelle que soit la capacité, et en l’occurrence elle est grande, des interprètes à les réaliser. Une telle œuvre gagnerait, je crois, à ce que son texte soit toujours compréhensible, ce qui éviterait sa réduction de fait à un événement sonore de plus, de trop, rendant le tout plus indigeste encore. Elle gagnerait aussi à se libérer des routines de l’opéra à l'ancienne, en particulier de celles qui veulent qu’un opéra soit chanté, joué d’un bout à l’autre, pour tendre vers une œuvre d'art totale, faisant feu de tous les moyens dont nous disposons aujourd'hui, y compris la sonorisation.

Un mot pour compléter ce que j’ai dit des interprètes, du Balcon, un mot de la direction impeccable de Maxime Pascal, complètement engagé physiquement, avec ce qu’il faut de contrôle, de rigueur pour que la musique soit non seulement vivante, incarnée, mais aussi, précise, juste.
Prémesques, 18 mai 2014. 19/05/2014 - 23:28:49
notes d’orchestres 2 19/05/2014 - 23:06:37


BUCAREST, Atheneul Român. Salle étonnante, bel orchestre, concert un rien routinier. Dans le hall, un Sergiu Celibidache à l’expression appropriée*. Deux jours plus tard, je déniche un dvd où l’on voit Celibidache filmé lors d’un concert donné en 1978 dans la même salle, à la tête du même orchestre. Alternant caresses et coups de pattes, comédien autant que musicien. (2 mai)


LILLE. Nouveau Siècle. L’Orchestre répète, Alborada del gracioso, de Maurice Ravel. Musique entendue, réentendue, en particulier sous la direction de Celibidache. Pourtant j’admire, ces couleurs, ces alliages, ce trésor vivant qu’est un orchestre. Je (re)découvre un chef, Fayçal Karoui, qui permet à chaque musicien de donner le meilleur de lui-même et à l’ensemble de sonner comme un orchestre. Pas si fréquent. (12 mai)


STRASBOURG, Zénith. Ciné-concert, Pirates des Caraïbes, l’Orchestre de Strasbourg a, avec la complicité de Disney, fait le plein de spectateurs. Potentiellement un très beau spectacle, mais la sonorisation n’est pas à la hauteur, qui, entre autres défauts, transforme l’orchestre en une masse informe, indifférenciée, un peu grise. Lui ôtant de sa légitimité. Alors qu’un orchestre, sinon entendu dans une acoustique appropriée, au moins sonorisé de façon à ce qu’on en perçoive la profondeur, la diversité, est source d’une expérience infiniment plus riche. Qui à son tour enrichit les rencontres auxquelles il se prête, entre autres les ciné-concerts. (17 mai)


*
Strasbourg, 17-18 mai 2014. 18/05/2014 - 22:31:18


notes d'orchestres 1 13/05/2014 - 07:39:30
C’était vendredi soir à Lille, Théâtre Sébastopol, Wax Tailor et The Phonovisions Symphonic Orchestra. Je n’avais découvert l’existence de Wax Tailor que quelques semaines plus tôt, en tombant sur un article de La Voix du Nord où il était question du travail qu’il avait entrepris avec un orchestre d’étudiants du Conservatoire. C’était un autre hasard qui m’avait fait être devant ma télé, vendredi matin, au moment de la diffusion d’un sujet qui me rappela que le concert était pour le soir même.
Dj, hip hop, quelle que soit l’étiquette utilisée pour classer le musicien et sa musique, celle-ci fait partie de ces musiques que j’écoute de façon moins régulière, assidue que la musique "classique", mais qui souvent me touchent, aussi. Depuis cette expérience, fondatrice pour moi, d’un concert de Van Halen au Palais des grottes de Cambrai, où j’ai fait l’expérience d’une musique s’écoutant aussi avec le ventre, avec les jambes. Physicalité du son, et aussi, en l’occurrence, mariage consommé du son et de l’image, spectacle complet.

Une question, pourtant : quelle est la place, la fonction d’un orchestre symphonique dans un tel contexte ? Sous-exploité, qu’il s’agisse de couleurs, de lignes, de polyphonie. Et souvent noyé dans le son global. Pas un orchestre où chacun apporte de façon anonyme sa contribution à une construction sonore. Encore moins un orchestre où chacun serait pleinement lui-même et voix indispensable, indissociable du groupe. Plutôt une image du public, adhérant par sa gestuelle à une musique dont il n’est pas, en fait, le producteur. Sujet d’un échange, objet d’une instrumentalisation, musicien actuel acquérant ses lettres de noblesse au contact du classique, musicien classique allégeant sa conscience du soupçon d’élitisme en se mêlant à d’autres musiques. Quoi qu’on y fasse, chaque musique a des spécificités, ce qui n’empêche pas les croisements, mais implique, pour qu’ils soient réussis, que ces spécificités ne soient pas gommées.

Je pensais à cette question des spécificités quelques jours plus tôt en entendant à Villeneuve d’Ascq, Rose des vents, Round the World of Sound - Moondog Madrigals par un ensemble de musiciens issus de Muzzix et de Dedalus. Musique où il ne se passe pas grand-chose, à l’opposé de ce qu’il en est souvent de la musique classique, particulièrement "contemporaine", dont la complexité outrepasse parfois les capacités de l’auditeur, au point de demeurer contemporaine à perpétuité. La valeur de ces musiques n’est pas nécessairement proportionnelle à leur complexité. Mais la fréquentation de musiques complexes fait que l’on s’ennuie un peu au contact de musiques plus simples. Que l’on est en manque d’informations, de matières. Surtout quand un dispositif classique, assis sans bouger, empêche une appropriation moins intellectuelle de ces musiques.
Bucarest, 2-5 mai 2014 06/05/2014 - 00:17:31
Jour 1


18h00


18h25


18h28


18h48


18h53


21h30

Jour 2


9h38


9h47


9h55


9h59


10h03


10h05


10h12


10h16


10h34


10h47


10h47


10h51


11h02


11h04


11h07


11h13


11h16


11h22


11h45


11h49


11h59


12h17


12h23


12h25


14h31


14h41


14h56


15h22


16h17


16h30


17h13


17h26


17h35


17h39


17h42


17h45


17h49


17h52


18h19


18h38


18h59


19h14


19h19


19h31


19h37

Jour 3


9h40


9h52


10h00


10h36


10h44


10h47


11h09


11h26


11h48


11h56


13h40


14h22


15h38


15h57


17h31


17h47


18h23


20h09


20h01

cent et quelques vues du Mont Kemel 21/04/2014 - 19:08:53








aussi :


Kemmel, sommet.


Kemmel, Lindenhoek Chalet Military Cemetery.
printemps japonais 19/04/2014 - 23:57:11


l'autre pleure 18/04/2014 - 07:04:59
ciel de pub 16/04/2014 - 22:45:13
mercredi 16 avril 2014 16/04/2014 - 07:23:40
"Le temps. Qu’y faire, sinon l’organiser, le remplir, le bourrer au maximum."
(Marek Halter, Faites-le !, page 70.)
car, peut-être, ils ne savent pas ce qu'ils font 15/04/2014 - 23:23:58


"À Lille, décidément, la statue de Léon-Trulin a été de nouveau barbouillé… Des outrages successifs dont on cherche toujours le sens et qui peuvent conduire à une peine de cinq ans d’emprisonnement et 75 000 € d’amende."
(Direct Matin, LillePlus, 15 avril 2014)



Léon Trulin, 18 ans, exécuté le 8 novembre 1915 pour s’être opposé à l’occupant allemand. La veille, 7 novembre, il écrit, dans une dernière lettre à sa mère : "Maintenant je vais me coucher il est déjà tard pour être près, frais et dispos demain jour de l’exécution
Je pardonne à tout le monde, amis et ennemis
Je fais grâce parce qu’on ne me la fait pas"
et le ciel 14/04/2014 - 22:05:40






Le joie est-elle... 13/04/2014 - 08:49:04
VU Chiens errants, film de Tsai Ming-liang, qui rétrospectivement rend caduc, désuet, fripé, ce que j’ai, juste avant, VU de Bill Viola au Grand Palais. Que n’arrange pas une présentation grandiloquente, devant laquelle se presse un public où j’ai du mal à me faufiler. Question de rapport au temps, surtout, qui en impose chez Tsai Ming-liang, alors qu’il ne semble chez Bill Viola que l’application d’une recette qui ne prend pas toujours. Et puis j’aime le cinéma, l’une des formes artistiques qui aujourd’hui me conviennent le mieux.

ÉCOUTÉ, VU, là aussi à quelques heures d’intervalle, la Dixième Symphonie de Gustav Mahler, par l’Orchestre national de Lille dirigé par Joseph Swensen, et Sunday in the park with George de Stephen Sondheim, retransmis sur France 2. Symphonie d’une richesse musicale, émotionnelle quasiment insupportable, qui à la fois valide et annule le jugement de Schoenberg, affirmant qu’une Dixième Symphonie révélerait les secrets du monde* et que c’était pour cette raison que tant de compositeurs n’avaient pu la mener à bien. Comédie musicale d’une indigence musicale, thématique affligeante. Appréciation qui ne vaut que pour cette symphonie et cette comédie musicale là. Pas pour le genre en général : j’aime la comédie musicale et bien des symphonies m’ennuient. Une réflexion aussi, suscitée par l’une et l’autre œuvres, sur leur accueil, succès au Nouveau Siècle comme au Châtelet, sur quoi s’appuie ce succès, une musique d’un contenu tel qu’il soit quasiment impossible de l’appréhender dans toutes ses dimensions dans le cas de Mahler, une musique inexistante dans le cas de Sondheim. Question.

VU Suneung, film de Shin Su-won, au sujet passionnant mais dont la forme m’a paru manquer de lisibilité. Et qui ne m’a convaincu comme plusieurs films récemment, Gerontophilia, Eastern Boys ou Chiens errants. LU au début de Suneung : "Les planètes chantent quand elles tournent. Mais on ne peut pas les entendre, sauf si on tombe dans un trou noir. C’est possible en mourant."

LU plein de belles choses dans un livre dont je n’avais jamais entendu parler jusqu’à ce que je le trouve, exposé dans l’une des librairies que je fréquente habituellement, Désert solitaire, d’Edward Abbey. Entre autres :
page 36 : "Il y a un autre inconvénient au fait d’utiliser la torche : comme nombre de gadgets mécaniques, elle tend à faire écran entre l’homme et son environnement. Si je l’allume, mes yeux s’adapteront à elle et je ne verrai plus que la petite flaque de lumière qu’elle projettera devant moi ; je me retrouverai coupé du monde. En laissant ma torche dans ma poche, à sa juste place, je continue à faire partie de l’univers dans lequel je marche, et ma vision, bien que limitée, n’a pas de frontière nette ou prédéfinie."
page 51 : "Je marche et il m’apparaît que l’étrangeté et la mystérieuse merveille de l’existence sont exacerbées ici, dans le désert, par la relative rareté de la flore et de la faune : la vie n’est pas entassée sur la vie comme ailleurs, mais vastement parsemée, avec économie et simplicité, chaque herbe et chaque buisson et chaque arbuste jouissant d’un lot généreux d’espace, et les organismes vivants se dressent braves et téméraires sur la sable sans vie et la roche stérile. À l’extrême tranchant de la lumière du désert répond l’extrême individualisation des formes de vie. C’est au grand air et en liberté qu’il faut aimer les fleurs."
page 170 : "La joie est-elle un atout dans la lutte pour la survie darwinienne ? Quelque chose me dit que oui ; quelque chose me dit que les êtres moroses et craintifs sont voués à l’extinction. Là où il n’y a pas joie il ne peut y avoir de courage ; et sans courage toutes les autres vertus sont vaines. C’est pourquoi les grenouilles, les crapauds, continuent à chanter même si nous savons (et eux pas) que le son de leur exultation attire certainement tous les serpents et bassaris rusés et renards et coyotes et grands-ducs vers le théâtre de leur bonheur."


* "Ce qu’eût été sa Dixième nous restera à tout jamais mystérieux, comme nous restera mystérieux ce qu’eût été une Dixième de Beethoven (pour laquelle il nous reste, pareillement, des esquisses) ou une Dixième de Bruckner. Il semble qu’il ne soit pas possible d’aller au-delà d’une Neuvième : celui qui s’y essaie doit quitter ce bas-monde. C’est comme si chaque Dixième Symphonie devait nous dispenser un message qu’il nous est interdit de recevoir, parce que nous ne sommes pas encore prêts. Ceux qui écrivirent une Neuvième Symphonie se trouvaient déjà trop près de l’au-delà. Peut-être les énigmes de ce monde terrestre seraient-elles résolues si l’un de ceux qui « savent » pouvait écrire une Dixième Symphonie, mais probablement cela ne doit pas être." (Schoenberg, Le style et l’idée, page 369) À plus d’un moment de cette symphonie, telle qu’entendue à Lille, en particulier lors du solo de flûte du 5e mouvement, il m’a semblé entendre cette « résolution ».
promenade bruxelloise 08/04/2014 - 23:06:42




















Bruxelles, 6 avril 2014.
toute la musique 22/02/2014 - 19:46:16
La musique, toute la musique, rien que la musique. Au point de paraître austère, dans un monde envahi par l'esbroufe, l'ersatz et l'imposture.
Mais la vérité est là, tout simplement.
James Ehnes jouait le Concerto de Beethoven, ce soir à Lille, Nouveau Siècle.
révolutions 02/02/2014 - 23:31:51
Vendredi 31 janvier, Lille, Nouveau Siècle. Maxime Pascal dirige une formation de l’Orchestre national de Lille, complétée par quelques solistes du Balcon. Mirages de Fauré, aux couleurs subtilement rehaussées par Arthur Lavandier, Shadows de Peter Eötvös, Concerto pour violoncelle de Pedro Garcia-Velasquez. Maxime Pascal l’a dit, redit lors de l’avant-concert : ils ne sont pas des révolutionnaires. Ils s’inscrivent dans le prolongement d’une tradition, celle du concert classique, mélodies, concertos, musiciens disposés sur une scène, exécutant sous la direction d’un chef une musique fixée, écrite, pour un public immobile, quasi-muet. Une tradition qu’ils ont néanmoins sérieusement décapée. Qu’il s’agisse de leur approche du son : baignant depuis leur enfance dans le son englobant des écouteurs et autres enceintes, ou celui des salles de cinéma, ils tendent à substituer ce son-là à celui des salles de concert traditionnelles, provenant d’une source unique, distante. Qu’il s’agisse du fonctionnement-même de l’orchestre. J’ajouterai à ceci une remarque relative au programme, constitué de musiques inouïes ou rarement entendues. Certes, la curiosité n’est la plus répandue des vertus, et il est difficile d’intéresser un large public à un tel programme, mais lorsqu’on y parvient, alors on ressent une satisfaction, un sentiment du devoir accompli, infiniment plus fort que si on avait attiré un public dix fois plus important au moyen d’airs connus.

Samedi 1er février, sur France 3, Nikolaus Harnoncourt, qui a depuis longtemps oublié les affres de la révolution baroque, dirige l’Orchestre du Concertgebouw d’Amsterdam. Détaillant avec gourmandise, tel un Geppetto ses bouts de bois, les ingrédients de Má Vlast, musique de Smetana. Six fois de suite la recette fonctionne, la musique prend son envol. Et, le concert dit, le Maestro, quatre-vingts ans bien sonnés, remonte d’un pas de quasi-jeune homme le vertigineux escalier du Concertgebouw.

Mercredi 5 février, sur Arte, autre orchestre, autre révolution. L’Orchestre symphonique Simón Bolívar du Venezuela joue la Symphonie "Pathétique". Porté par la houle noire qu’il a déclenchée, Claudio Abbado rayonne, joie de la musique, extase, catastrophe transcendée, pour quelque temps encore.
un dimanche à l'opéra 26/01/2014 - 23:33:08
Des trois opéras vus le week-end dernier – Claude, musique de Thierry Escaich, livret de Robert Badinter, diffusé sur France 3, La Petite Renarde rusée, mis en scène par Robert Carsen, vu à l'Opéra de Lille, Les Noces de Figaro, dirigé par Jérémie Rhorer, enregistré au Festival d'Aix-en-Provence, diffusé sur Arte – le premier est celui qui m’a laissé le plus dubitatif. L’opéra est certes, de toutes les formes établies de la vie culturelle, l’une de celles – contrepartie de leur coût ? – qui sont le plus soumises à une instrumentalisation intensive. Au point que régulièrement on voit apparaître de nouveaux opéras dont la composition semble davantage répondre à la nécessité d’alimenter cette instrumentalisation qu’à une nécessité artistique.
Rarement, pourtant, on aura trouvé un tel décalage, entre un livret au "prosaïsme un peu sec" (Marie-Aude Roux), manquant de dramaturgie, une musique "pléthorique", d’une luxuriance un peu vaine, et le "plaidoyer contre la prison et pour la dignité humaine" au service duquel ils sont mis. Un opéra, c’est d’abord un texte et une musique, dont la combinaison génère une capacité expressive transcendant la somme des capacités de l’un et l’autre, pris isolément. Une puissance qui est donc, souvent, utilisée, de façon plus ou moins poussée, détournée, critiquable, au profit d’une cause plus ou moins extérieure à l’opéra. Texte insuffisant, musique débridée, assemblage inabouti, qui ne servent pas la cause dont il est question, font que cet opéra ne fonctionne pas. Ce qui n’empêche pas son instrumentalisation. Pour quelques jours, quelques semaines ? Le temps que ses interprètes d’un soir, aussi remarquables soient-ils, aient tourné la page ?

Rien de tel avec Janáček, et particulièrement cette Petite Renarde. Texte et musique indissolublement liés en un tout d’un grand pouvoir expressif. Ici mis en image avec une certaine efficacité. Maria Lamont, metteur en scène associé, chargée de la reprise à l’Opéra de Lille, affirme, lors de la conférence de presse de présentation du spectacle, que Janáček et Britten sont les meilleurs compositeurs d’opéra au XXe siècle. Peut-être faudrait-il ajouter à ceux-ci deux ou trois noms qui ne me viennent pas immédiatement à l’esprit*, mais, je le constatais encore en assistant, il y a quelques jours à l’Athénée, à une représentation du Viol de Lucrèce, l’un et l’autre ont incontestablement porté le genre à un rare degré d’aboutissement.

Et puis ces Noces de Figaro, visuellement oubliables, mais auxquelles Jérémie Rhorer donne une vie intense, sans pour autant bouleverser l’idée qu’on en a. Ce qui peut s’entendre comme un compliment.

* Strauss, certainement, et bizarrement, assistant quelques jour plus tard à la troisième représentation de la Petite Renarde, j'y entends des couleurs, des accents, qui me font penser à Strauss, à Britten.
détour par le Japon 25/01/2014 - 21:16:21


samedi, un seul film cette semaine, Le vent se lève de Miyazaki. Un grand film, abouti, d’emblée un classique. Bonheur sans mélange, à l’aune duquel les quelques critiques aperçues ici ou là, semblent relever du coupage de cheveu en quatre.

Les Japonais ont tellement touché et embrassé une page que j’avais écrite pour eux, qu’ils me demandent de leur récrire. (Jean Cocteau, Passé défini, page 123)
questions de forme 25/01/2014 - 21:15:51


mercredi, Lille, Nouveau Siècle, concert flash. Une fois par mois, à 12h30, 45 minutes de musique. Un public nombreux, constant, quelque soit la musique programmée. Orchestre, musique de chambre, jazz, comédie musicale, orchestre de chambre... Comme si ce public était plus sensible à la forme, horaire, tarif, à la nouveauté de la proposition qu’au contenu.

jeudi, Lannoy, Les Belles Sorties, proposition de Lille Métropole. Qui propose et finance l’accueil par les communes de moins de 15000 habitants, de spectacles produits par les institutions culturelles de la Métropole. Avec obligation pour ces communes de pratiquer un tarif maximum de 5 euros et de proposer à l’issue du spectacle un "pot" auquel sont conviés artistes et spectateurs. Ce soir-là, une formation de cordes de l’Orchestre joue Mendelssohn, Mozart, Chostakovitch et Bartók, et pour certains de ceux qui les applaudissent, enthousiastes, c'est leur premier concert "classique".

vendredi, retour à Lille, Nouveau Siècle, concert de l’Orchestre Philharmonique Royal de Liège. Avec en première partie Janacek, Chopin, le 2e Concerto. Et en deuxième partie, Szymanowski, la 2e Symphonie. De ces musiques qui, parce qu’elles sont rarement programmées, demeurent étrangères au grand public. Et me font m’inquiéter, durant le concert, quant à l’accueil que leur réservera ce public. Mais, une fois de plus, les applaudissements sont chaleureux, les rappels nombreux. Sans qu’il soit possible de distinguer ceux qui s’adressent à la musique, à ses interprètes, voire aux applaudisseurs eux-mêmes, s’auto-congratulant d’être là.
Ne nous plaignons pas de faire salle comble. 20/01/2014 - 22:13:57


C’est samedi, Lille, Nouveau Siècle, Le Cuirassé Potemkine de Serguei Eisenstein, film d’une inaltérable perfection. Dont les images dialoguent ici avec la musique de Chostakovitch, extraits de ses symphonies. Univers apparentés, dont le rapprochement s’avère d’une grande efficacité. Au pied de l’écran, un orchestre de jeunes musiciens, ceux du Pôle supérieur de Paris Boulogne-Billancourt, dirigés par Pierre-Michel Durand. La salle est pleine. Ce qui naturellement suscite quelques réflexions. Sur l’intérêt d’un large public pour des formes qui, débordant du cadre strict du concert, acquièrent un caractère spectaculaire qui souvent manque au concert. Sur l’expérience que représente pour un jeune musicien de faire partie d’un tel orchestre, sans perspective professionnelle assurée, puisqu’une partie seulement de ceux qui le constituent trouveront une place dans un orchestre professionnel. Sur la capacité de cet orchestre à jouer le même répertoire qu’un orchestre professionnel, avec quelques faiblesses, certes, mais des qualités, aussi.

Le lendemain, dimanche, Paris, Théâtre de l’Athénée, Le Viol de Lucrèce, opéra de Benjamin Britten. D’autres musiciens, chanteurs, presque aussi jeunes que ceux de la veille. Ceux du Balcon et de L’Atelier lyrique de l’Opéra de Paris, dirigés par Maxime Pascal. Professionnels engagés, restituant toutes les couleurs, la puissance, les qualités dramatiques d’une œuvre qui n’acquiert qu’ainsi le rang de chef-d’œuvre. Égal des meilleurs opéras de Richard Strauss, auxquels certaines pages font penser. Aussi le déroulement-même de l’opéra, qui dessine une courbe de l’ordinaire au lyrisme le plus exalté. L’œuvre n’est certes pas parfaite, on peut en particulier s’interroger sur le bien-fondé du final et de son recadrage religieux. L’acoustique du théâtre non plus, qui me fait entendre une sonnerie de téléphone portable avant de réaliser qu’en fait c’est la harpe que j’entends. Mais j’ai une nouvelle fois le sentiment, comme chaque fois que je me rends à un concert du Balcon, que la musique bouge, avance, que l’avenir est là, en marche.

Deux autres films, ce week-end. Mère et fils, de Calin Peter Netzer, film rudimentaire, porté à incandescence par l’utilisation d’une caméra portée, qui bouge à en donner la nausée, va de l’un à l’autre, ne faisant qu’un avec le regard d’un cameraman qui s’efforce de ne rien perdre de l’action en cours. Aussi par l’accumulation de tensions émotionnelles. Enfin, L’Amour est un crime presque parfait, de Jean-Marie et Arnaud Larrieu, d’une forme autrement travaillée, peaufinée, qui donne force et consistance à son personnage principal, sans nous donner la moindre explication qui en éclairerait le mystère.

Dans le TGV du retour, je continue la lecture du Passé défini, journal de Jean Cocteau. L’un de ces livres que je n’avais pas prévu de lire, mais qui était exposé à la bibliothèque, et que j’ai emprunté, comme ça. Je prends à sa lecture un plaisir certain, comme celle d’autres journaux lus précédemment, entre autres ceux de Kafka et Gombrowicz. Extraits :

Lorsqu’on me complimente, je me sauve. (J’esquive.) Je ne pourrais supporter qu’un éloge d’une force équivalente à celle de mon œuvre. C’est pourquoi – parce que cela est impossible – je préfère les sottises et les insultes. (4 février 1953 / page 25)

Mode absurde qui consiste à publier son « journal » de son vivant. Mode lancée par Gide. Mais la méthode gidienne consiste à feindre de tout dire pour cacher tout. Un journal n’existe que si on y consigne sans réserve tout ce qui vous passe par la tête. Celui de Hugo nous intéresse bien davantage avec le recul. (22 février / page 48)

Picasso disait : « Lorsque tous les artistes ont la même idée, ce n’est pas parce qu’ils s’influencent, c’est parce qu’ils captent plus ou moins bien ce qui est dans l’air. C’est la preuve que l’idée est valable. » (25 février / page 55)

Je parlais de l’invasion, des visites et des journalistes. Picasso me dit : « Ne nous plaignons pas de faire salle comble. » (15 mars / page 77)

À suivre…
Best of Saatchi (Body Language...) 16/01/2014 - 23:39:17

11h43

11h53



11h52

11h52



11h54



12h05

12h04



12h06

12h11



12h16

12h13

11h43, Henry Taylor, I Belong, 2011.
11h53, Eddie Martinez, American Native #2, 2012.
11h52, Denis Tarasov, Untitled (from the Essence series) X 40, 2013 / Marianne Vitale, Markers (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 9, 10, 11, 13, 14), 2011.
11h54, Nathan Mabry, A Very Touching Moment (Pitching A Tent) , 2006.
12h05-04, Andra Ursuta, Vandal Lust, 2011.
12h06, Andra Ursuta, Crush, 2011.
12h11, Dominic From Luton, Shoes Off If You Love Luton!, 2012.
12h16, Charlie Billingham, 3 Graces/Fountains Screen, 2012.
12h13...

... Londres, dimanche 12 janvier 2014.
Le dialogue continu(e) 13/01/2014 - 21:26:10
Londres, hier, National Gallery, à quelques minutes de la fermeture. Courant d'une salle à l'autre, notant ce qui accroche mon regard. Un sujet (Venise, paysage d'hiver avec église), une composition (Monet, Cézanne), un tableau connu dont j’avais oublié qu’il se trouvait ici (Van Gogh, Turner), une parenté que j’ignorais (Schiele / Klimt), un visage connu croisé ailleurs (jeune homme au bonnet de fourrure, Rembrandt), une présence (Louis-Auguste Schwiter).
Ce qui, aussi, suscite une interrogation sans réponse, "soldat mort" d’un peintre inconnu, rappelle cette autre pièce vue quelques heures plus tôt chez Saatchi, Vandal Lust d’Andra Ursuta, voire, plus ancien dans mon souvenir, ce tableau de Jean-Joseph Weerts, préparatoire à La Mort de Bara, exposé à Roubaix, La Piscine*.


National Gallery, Claude Monet, Le Grand Canal, Venise, 1908.


National Gallery, Vincent Van Gogh, La Chaise de Van Gogh, 1888.


National Gallery, Paul Cézanne, Les Grandes Baigneuses, 1894-1905.


National Gallery, Egon Schiele, Danae 1909.


National Gallery, Carel Fabritius, Jeune homme au bonnet de fourrure, 1654.


National Gallery, Caspar David Friedrich, Winterlandschaft mit Kirche, 1811.




National Gallery, Unknown italian artist, A Dead soldier.


Saatchi Gallery, Andra Ursuta, Vandal Lust, 2011.


National Gallery, Rembrandt Harmenszoon van Rijn, Autoportrait à l’âge de 34 ans, 1640.


National Gallery, Joseph Mallord William Turner, Rain, Steam and Speed – The Great Western Railway, 1984.


National Gallery, Eugène Delacroix, Louis-Auguste Schwiter, 1826-30.

*

Roubaix, La Piscine, Jean-Joseph Weerts, Chouan pour "La mort du jeune Bara".

entrées précédentes dans "Journal"
ci-après 25/12/2013 - 09:41:08
- une sélection des photos prises dans les différents pays où je me suis rendu en 2013, de quelques expositions, aussi, que j’ai visitées : rencontres (images 2013)
- quelques photos de ma rencontre d’Edvard Munch, à Oslo : Je suis l'homme en noir (Edvard Munch)
- quelques autres de ma visite à Edvard Grieg, à Bergen : Troldhaugvegen 65 (Edvard Grieg)
- une photo du Mont Kemmel (autres dans Images, 21, Cent vues du Mont Kemmel)
- une sélection des photos prises en 2012 : pour mémoire (images 2012).
Aussi, dans Journal, ce que j’ai écrit en 2013 – JOURNAL 2013 (fragments) –, dont j’essaierai de faire qu’il soit plus copieux en 2014. Vœu pieux ?


RENCONTRES (images 2013)

5 janvier 2013


Londres

6 janvier 2013




Londres

10 février 2013


Tourcoing, Le Fresnoy.

30 mars 2013




Art Paris Art Fair

15 avril 2013




Jordanie

18 avril 2013






Jordanie

19 avril 2013


Jordanie

20 avril 2013


Jordanie
autres photos de Jordanie dans Images, 46, Jordanie.

8 mai 2013


Oslo

9 mai 2013




Oslo

10 mai 2013






Oslo

11 mai 2013


Bergen

2 juin 2013


Lille, Palais des Beaux-Arts, Traits de génie.

22 juin 2013




Paris, Palais de Tokyo.

7 juillet 2013


Lille, Musée de la photographie.

25 juillet 2013


Paris, Musée d’art moderne.

27 juillet 2013


Biennale de Venise, 55e Exposition internationale d’art, Pavillon de Serbie.

28 juillet 2013


Venise


Venise, Île de San Michele.
autres photos de Venise dans Images, 38, Venise.

31 juillet 2013


Londres, Saatchi Gallery, d’après Klaus Mosettig, Super Climat N 150.

6 août 2013




Vietnam

7 août 2013


Vietnam

9 août 2013


Vietnam

10 août 2013


Vietnam

12 août 2013


Vietnam

14 août 2013


Vietnam

15 août 2013


Vietnam

17 août 2013


Vietnam

18 août 2013




Vietnam

20 août 2013




Vietnam
autres photos du Vietnam dans Images, 45, Vietnam.

7 septembre 2013



Beloeil, Belgique.

13 septembre 2013


Almaty, Kazakhstan.

14 septembre 2013


Almaty, Kazakhstan.

17 septembre 2013




Astana, Kazakhstan.

21 septembre 2013


Varsovie
autres photos de Varsovie dans Images, 37, Varsovie.

28 septembre 2013


Lille, Maison de la Photographie, d’après Berlin, de Peter Lindbergh.

29 septembre 2013


Lille, Gare Saint-Sauveur.

6 octobre 2013


Dijon

19 octobre 2013


Istanbul, 13e Biennale.
autres photos d’Istanbul dans Images, 34, Istanbul.

20 octobre 2013




Gallipoli

26 octobre 2013




Paris, FIAC.

27 octobre


Lille, Tripostal, “Happy Birthday Galerie Perrotin”.

27 octobre


Tourcoing, Le Fresnoy.

3 novembre


Londres
autres photos de Londres dans Images, 31, Londres.
Je suis l'homme en noir (Edvard Munch) 27/05/2013 - 23:15:56

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3. "Elle a dit qu’elle n’aimait pas Munch. Et pourtant, elle me rappelle un motif de Munch. Ce dos de femme, fier, qui embrasse l’horizon. Je suis l’homme à côté d’elle, en noir." (Ketil Björnstad, La Société des Jeunes Pianistes, page 173)

10. "The Father of Norwegian Panting, Johan Christian Dahl (1788-1857)…", Cloud study

"Selon les paroles d’Oscar Kokoschka, peintre expressionniste autrichien : "L’esprit extrêmement aiguisé d’Edvard Munch lui permit de diagnostiquer une terreur panique là où on ne voyait que le progrès social." (Edvard Munch, film réalisé par Peter Watkins)

Oslo-Bergen, 9-11 mai 2013.
Troldhaugvegen 65 (Edvard Grieg) 20/05/2013 - 19:35:12








































“Troldhaugen was the home of Edvard Grieg and his wife Nina.
The Villa was built in 1885, and the couple lived there the last 22 summers of Edvard Grieg’s life. Troldhaugen became a museum in 1928 and includes Grieg’s Villa, the composer’s hut and the Grieg couple’s gravesite as well as a modern museum building and the concert hall Troldsalen, a chamber music hall seating 200 people. Troldsalen is the centre of the museum’s extensive concert activities and has excellent acoustics.”
(http://griegmuseum.no/en/about-troldhaugen)

Bergen, Paradis, Troldhaugvegen 65, 11 mai 2013.
... du Mont Kemmel 05/05/2013 - 17:37:40


(Images, 21. Cent vues du Mont Kemmel, 92/100)
pour mémoire (images 2012) 05/11/2012 - 23:22:21
14 janvier


Paris

22 février


Lille

13 mars


Lille

15 mars


Lille

6 avril


Rotterdam, Musée Boijmans Van Beuningen.

26 avril


Bilbao

27 avril


Guernica

12 mai


Lille, Gare Saint-Sauveur.

19 mai


Villeneuve d’Ascq, LaM.

8 juin


Lille

10 juin


Lille

13 juin


Lille

17 juin


Paris, Palais de Tokyo.


Paris, Le Louvre.

15 juillet


Tourcoing, Hospice d’Havré.


Tourcoing, Le Fresnoy.

21 juillet


Paris, Gare du Nord.


Paris, Musée des lettres et manuscrits.


Paris*

22 juillet


Kemmel

26 juillet


*

1er août


Mongolie

1er septembre


Kassel, dOCUMENTA.

9 septembre


Genk, MANIFESTA 9.

15 septembre


Gent, TRACK.

21 septembre


Londres, Saatchi.

26 septembre


*

14 octobre


Tourcoing, Le Fresnoy, Studio national des arts contemporains.

27 octobre


Lille, Tripostal.

28 octobre


Roubaix, Centre Européen des Textiles Innovants.


Tourcoing, MUba.


Tourcoing, Hospice d’Havré.

4 novembre


Paris, Palais de Tokyo.

24 novembre


Arcachon, Dune du Pilat.

28 décembre


Hans Op de beeck, Location (6) / Euratechnologies

29 décembre


Cabinets de curiosités intimes / Maison Folie de Moulins

* à compléter